4 décembre 2014
Fière pionnière
Par: Martin Bourassa
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L’inauguration du Centre de valorisation des matières organiques de Saint-Hyacinthe et la présentation de la flotte de véhicules municipaux propulsés au gaz naturel produit grâce au contenu de nos bacs bruns ont fait grand bruit.

Plusieurs médias nationaux de la presse écrite et électronique ont fait état à juste titre de cette grande première québécoise. Ce n’est pas tous les jours que la Ville de Saint-Hyacinthe fait la leçon aux autres et est perçue comme une pionnière dans un domaine. Mais c’est le cas avec la biométhanisation. Même s’il reste encore quelques ficelles à attacher et des équipements à mettre en place, Saint-Hyacinthe s’affiche déjà comme la première ville au Québec à produire du gaz naturel avec des déchets organiques. De façon plus précise, il serait encore plus juste de dire que ce sera avec les déchets des 23 municipalités de la Régie intermunicipale d’Acton et des Maskoutains et ceux des entreprises agroalimentaires qui feront affaire avec la Ville.

On peut donc parler d’une réussite locale et régionale, pour ne pas être chauvin.

Même si d’autres projets du genre sont en voie d’élaboration au Québec, on aura pris tout le monde de vitesse. Dans bien des cas, les villes qui rêvent à la biométhanisation n’ont même pas encore de collecte de matières putrescibles.

À Longueuil, la mise en service d’un centre de recyclage des matières organiques par biométhanisation et compostage est prévue pour le printemps 2018. Il est question d’un projet de 85 M$, dont 41 M$ serait à la charge de l’agglomération. À Varennes, trois MRC de la Couronne Sud souhaitent un Centre de traitement intégré d’ici 2016.

Du côté de Québec, on est encore aux premiers balbutiements d’un projet de 124,5 M$, dont 64,3 M$ seront à la charge de la Ville, qui débouchera sur la construction d’un centre de biométhanisation et l’implantation en 2018 de la collecte des résidus alimentaires qui s’étendra à tous les citoyens, incluant les industries et les commerces.

Sur la voie risquée de la biométhanisation, Saint-Hyacinthe était davantage chauffée par la MRC de Rivière-du Loup où l’exploitation préliminaire de l’usine de biométhanisation de 24,8 M$ à Cacouna doit débuter au printemps 2015.

À titre de pionnière, Saint-Hyacinthe risque donc de servir de modèle. Bien d’autres villes profiteront de nos bons, comme de nos mauvais coups. Mais tout indique que ce projet de 48 M$ aura été une très bonne affaire pour les Maskoutains, même s’ils n’ont jamais véritablement eu leur mot à dire dans l’élaboration du projet.

Et l’affaire sera encore meilleure si les revenus additionnels de 6 M$ annuellement se matérialisent comme prévu. Dans la colonne des revenus, ce serait tout une bouffée d’air frais pour Saint-Hyacinthe qui a grandement besoin d’argent neuf pour assurer la pérennité de ses infrastructures et de ses services municipaux.

Pour l’image de marque de Saint-Hyacinthe, la valorisation des déchets organiques a fait davantage que n’importe quelle campagne de publicité. Étonnant.

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