7 décembre 2017
Me Jean-Pierre Boileau, nouveau président de la SDS
Fierté et continuité au Centre des arts
Par: Olivier Dénommée

Il y a 14 ans, Pierre Solis devenait le président du conseil d’administration de la Société de diffusion de spectacles de Saint-Hyacinthe (SDS), qui a grandement poussé pour que le Centre des arts Juliette-Lassonde (CAJL) devienne réalité. Après 11 ans d’activité pour la salle de spectacle avec un bilan plus qu’enviable, M. Solis a cédé son siège à Me Jean-Pierre Boileau.

Les deux hommes se connaissent bien, eux qui se sont côtoyés au C.A. de la SDS pendant les six dernières années, mais qui ont aussi appuyé ensemble l’imposante collecte de fonds pour financer la construction du CAJL. « Ce projet-là est né dans la douleur : on a eu beaucoup d’opposition », se souvient M. Solis. C’est l’entrée en scène de feu André H. Gagnon et de sa femme qui a changé la donne, et la population s’est enfin ralliée à la cause.
Le temps semble avoir donné raison à ces visionnaires, alors qu’en 2016-2017, 138 815 visiteurs se sont rendus au CAJL dans le cadre de 671 activités, dont 200 représentations de spectacles professionnels. « On n’a rien à envier à personne! Notre salle offre mieux qu’à Granby, à Sorel et à Belœil où elle est plus petite. Près de 50 % de notre clientèle vient de l’extérieur, surtout de l’ouest », soutient Me Boileau.
Le Centre des arts occupe une position enviable, et son défi sera de garder le lieu compétitif en renouvelant toujours ses équipements, tout en gardant en tête la mission première de la SDS, qui est d’offrir une variété de spectacles. « Si on décidait un jour de seulement présenter des spectacles d’humour, on passerait complètement à côté de notre mission », rappelle le nouveau président.
« Notre salle »
Autant Pierre Solis que Jean-Pierre Boileau ont le Centre des arts tatoué sur le cœur et ils ne cachent pas leur fierté d’avoir participé à son succès. « Ma plus grande fierté, c’est d’avoir parti le projet de zéro, et d’être passé d’une salle mal équipée (à l’ITA) à ça! », souligne M. Solis. Selon lui, en 14 ans, il n’y a jamais eu « l’ombre d’une discorde » au sein du C.A., qui a toujours su travailler dans la collégialité. Me Boileau mentionne quant à lui que la population maskoutaine éprouve un sentiment d’appartenance si fort qu’elle n’hésite pas à parler de « sa salle » de spectacle.
Le seul bémol qu’émet M. Solis est la décision de la Ville de ne pas construire le Centre culturel Humania juste à côté du CAJL. « Ça aurait fait un endroit culturel hors de l’ordinaire. Je me suis présenté à quelques reprises à l’hôtel de ville pour me battre sur cet enjeu, mais ce n’était pas dans les cartons… »
Défis
Le CAJL est en bonne posture, mais les défis demeurent bien réels pour le C.A. présidé par Me Boileau. À part la question de la compétitivité, le président ne cache pas son désir d’un jour y voir une salle dédiée aux arts visuels. Il déplore également la sous-utilisation de la scène extérieure Intact. « Il y aurait du travail à faire! »
Mais une des premières questions que le C.A. doit se poser, c’est ce qu’il adviendra du siège qui était réservé à André H. Gagnon, qui était membre honoraire du C.A.. « C’est encore tôt pour décider, mais on va en parler dans les prochaines réunions. Chose certaine, avec tout ce qu’il a fait pour le Centre des arts, c’était un siège qui lui revenait. »

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