27 juin 2013
Fierté ou honte?
Par: Pierre Bornais
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La question a été abordée par certains commentateurs lors des festivités du 24 juin, compte tenu des nombreux scandales soulevés au Québec.

Bien que les réjouissances aient perdu de leur lustre au fil des ans, il est quand même inapproprié d’interroger en ces termes les Québécois sur leurs sentiments à l’égard de l’ensemble de la nation. De toute évidence, il n’y a aucune fierté à retirer de toutes les magouilles mises à jour au cours des derniers mois. Et personne n’accepterait de le faire en y voyant un modèle à suivre. Pas plus qu’il n’y a aucune honte à éprouver en voyant des bandits à cravate répondre de leurs méfaits. Ceux-ci demeurent une faible minorité et la responsabilité de l’ensemble de la population ne s’y trouve engagée d’aucune façon. La fierté ne peut naître, dans une société moderne, que des succès économiques et sociaux enregistrés au fil des jours; comme un exemple à suivre pour favoriser une meilleure société. Elle est la source d’un sain dynamisme individuel et collectif. La honte, de son côté, implique un sentiment trouble de participation à des actions douteuses; ou à tout le moins d’une passivité manifestée lorsque mis au fait des méfaits reconnus. Elle mène à une dévalorisation individuelle et collective. L’exemple le plus significatif des effets négatifs qui en découlent nous a été donné par l’Allemagne, au lendemain du deuxième conflit mondial. Minée par la honte – honte qui était parfois fondée – causée par les crimes des nazis, toute la nation a connu au moins deux décennies de culpabilité. Et de cette période, bien peu de choses positives ont émergé. Ce n’est qu’après avoir assumé cette période noire que l’Allemagne a pu reprendre son développement. En aucun cas le Québec mérite d’emprunter cette route dévastatrice.

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