14 février 2013
Ford Taurus, celle dont je ne voulais pas
Par: Fabienne Costes

Rien de tel pour débuter qu’une bonne dose de franchise : la Ford Taurus n’avait rien, pour moi, de stimulant. En fait, quand j’ai su que ce serait ma voiture d’essai, j’ai levé les yeux au ciel en signe de découragement. Car, je dois l’avouer, dans ma tête, la Taurus n’a rien de stimulant.

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En fait, et je suis la preuve que l’on peut parfois changer d’idée. Je me disais que la Ford Taurus s’adressait davantage à une tranche d’âge, ou à un type de conducteur, totalement différente de la mienne. Mais une fois mon essai complété, ma vision a totalement changé.

Il faut dire que, bien que la silhouette soit anodine, pour ne pas dire ennuyeuse au premier regard, c’est une fois à bord que la Taurus remporte ses lettres de noblesse. Elle est spacieuse, voire caverneuse, et tous les passagers sans exception y trouvent leur compte. Sans compter le confort, que personne ne pourra nier. Bref, après quelques minutes seulement, je changeais déjà d’avis. Puis, j’ai démarré le moteur. Comprenons-nous bien : je n’anticipais pas un gros V8 aux performances extraordinaires, mais je ne m’attendais certainement pas non plus à ce que j’ai obtenu. La motorisation Ecoboost est souple, agréable, et bien assez puissante pour lancer la grosse berline sur la route sans même y penser. Et contrairement à ce que Colin Chapman pouvait affirmer (créateur des Lotus, il affirmait que la légèreté faisait foi de tout), la Taurus le ferait mentir. Elle est grande, grosse, mais étonnante de maniabilité et de contrôle. Très agile, elle abrite aussi une transmission automatique 6 rapports à la rapidité exemplaire. Et ô surprise, la direction électrique, que je craignais comme la peste, fournit beaucoup de précision, et permet un rayon de braquage plus qu’avantageux pour une berline de cette taille. En fait, avec toutes ces qualités, la Taurus m’a étonné : un peu comme un gros joueur de football, elle donne l’impression d’être massive et sans énergie. Mais elle fournit au contraire agilité et vélocité, tout en fournissant un freinage remarquable. Mais tout n’est pas aussi parfait. La voiture, que l’on croyait économique, a tout de même exigé plus de 10,2 litres aux 100 kilomètres malgré des prétentions beaucoup plus basses du constructeur. Plusieurs de ses concurrents font beaucoup mieux. Quant au design, la Taurus est trop conservatrice. Malgré la belle surprise de comportement, ou à cause de cette surprise, on souhaiterait vraiment quelque chose de plus dynamique. La forme même de la voiture demande quelques contorsions pour une conduite confortable. Et si jamais votre modèle n’est pas offert avec la caméra de recul, exigez-la; la hauteur du coffre arrière bloque la visibilité de façon intensive, empêchant les manoeuvres efficaces en marche arrière. Et pire encore… Je suis un amateur de gadget technologique en tout genre. Plusieurs de mes amis font appel à moi pour obtenir des références. Mais je dois l’avouer, la Ford Taurus a eu raison de ma passion. Le système My Ford Touch, d’une lenteur à faire rager, est aussi complexe qu’un ordinateur de F1. Même après une semaine, je devais me concentrer pour effectuer la tâche souhaitée.La Taurus regorge quand même de grandes qualités. Axée sur le confort, elle nous donne l’impression de rouler sur un nuage. Et son comportement routier est plus qu’étonnant. Je l’admets, j’ai totalement changé d’idée et plus jamais je ne lèverai les yeux au ciel en entendant le nom Taurus. Au contraire, je tendrai la main pour attraper les clés!

Forces :

– Moteur agréable – Beaucoup d’espace

Faiblesses :

– Look anonyme – Consommation plus élevée que prévu

Fiche technique

Moteur : V6 3.5L DACT 24 soupapes Puissance (ch@tr/min) : 290 @ 6500 Couple (lb.pi@tr/min) : 255 @ 4000 Moteur opt. #1 : L4 2.0L turbo EcoBoost DACT 16 soupapes Roues motrices : Avant Transmission : Automatique à 6 rapports Prix : 30 349 $ – 50 749 $

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