4 mars 2021
Francine Geoffré : un chemin parsemé d’embûches
Par: Le Courrier

Francine Geoffré est une source d’inspiration pour ses collègues d’ACAM Transport de Saint-Hyacinthe. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Quand elle a perdu son emploi d’opératrice de production en usine en 2006, Francine Geoffré, la quarantaine avancée, s’est retrouvée à la croisée des chemins. Et elle n’a pas pris le plus facile ni le plus fréquenté. Elle est retournée sur les bancs d’école avec la ferme intention de devenir camionneuse. Un défi qu’elle a relevé haut la main.

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« J’étais attirée par ce métier, mais j’y voyais surtout une sécurité à long terme. Je me disais que je ne manquerais plus jamais d’ouvrage. Des entreprises de camionnage peuvent fermer, mais il y aura toujours des biens à transporter et d’autres opportunités dans ce domaine. Je me suis donc lancée et j’ai travaillé fort. Je ne l’ai jamais regretté. »

Bien entendu, Francine Geoffré ne l’a pas toujours eu facile dans ce milieu difficile et résolument masculin. « Le plus difficile fut de faire ma place au début. À cette époque, les employeurs étaient réticents à embaucher des chauffeurs sans expérience, alors imaginez une camionneuse sans expérience. Il fallait être mal pris pour le faire! »

Mais ses chances, elle a su les saisir. « Les premières années, j’ai souvent eu l’impression de devoir en faire plus que les hommes pour me faire accepter. C’est un domaine de gars, qui parle en gars et qui pense en gars. Mais je n’étais pas du genre à me laisser piler sur les pieds. J’ai fait mon chemin petit à petit », raconte la femme de 62 ans.

Ce chemin l’a conduite chez ACAM Transport de Saint-Hyacinthe il y a cinq ans, une entreprise à dimension humaine où elle a trouvé une deuxième famille. Au volant de son gros semi-remorque à citerne, Mme Geoffré a multiplié les voyages de nuit et de fins de semaine entre Saint-Hyacinthe et le Vermont. « La solitude ne me pèse pas. J’adore conduire la nuit quand il y a moins de circulation, car ce n’est pas un métier très reposant. Un camion, ça n’arrête jamais sur un 10 cennes et il faut toujours être sur nos gardes, été comme hiver. On en vient à détecter les pièges de la route. Je suis pas mal fière de mon parcours. »

En octobre dernier, Francine Geoffré a toutefois dû délaisser le volant pour des raisons de santé. Les appels de son oncologue ont depuis remplacé ceux de sa répartitrice.

« J’ai un mauvais cancer et je dois prendre du temps pour m’occuper de moi. Mais je suis positive et je garde le moral. Il faut dire que je suis bien entourée, j’ai de bons amis et des collègues en or. Comme je demeure tout près du siège social d’ACAM, je les ai à l’œil et je vais tout faire pour les retrouver rapidement. J’ai encore bien de la route devant moi… »

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