29 août 2019
Vente de la Microbrasserie Le Bilboquet
François Grisé poursuit Jonathan Robin
Par: Jean-Luc Lorry

Les hommes d’affaires Jonathan Robin et François Grisé lors de l’inauguration de l’incubateur industriel où logent les installations de la microbrasserie Le Bilboquet. Photothèque Le Courrier ©

La transaction encadrant la vente de la microbrasserie Le Bilboquet fait l’objet d’un litige entre l’ancien propriétaire François Grisé et le nouvel acquéreur Jonathan Robin.

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M. Grisé réclame par voie judiciaire un montant totalisant plus de 284 000 $. L’ancien propriétaire considère que la convention d’achat d’actions signée le 25 février 2019 entre les deux partenaires d’affaires n’a pas été respectée par l’acheteur.

En début d’année, les deux hommes d’affaires avaient signé un accord transactionnel officialisant la vente des actions détenues par François Grisé au sein de la microbrasserie Le Bilboquet, de la distillerie Cryovap (devenue Distillerie Noroi) et du bar Le Bilboquet situé sur la rue des Cascades.

Le montant de la vente avait été fixé à 730 000 $ tel que précisé dans ce document dont LE COURRIER a obtenu copie.

En mai 2017, une convention d’affaires entre actionnaires de la Société Bilboquet Microbrasserie avait été rédigée entre M. Robin et M. Grisé. Les deux hommes d’affaires possédaient alors l’entreprise à parts égales. À la lecture de la requête introductive d’instance déposée en Cour supérieure, on peut y lire que la relation professionnelle entre les deux partenaires s’est rapidement dégradée.

« Depuis le début de leur relation d’actionnaire, Jonathan Robin a adopté un comportement qui possède tout le pouvoir, ce qui s’est révélé être abusif et oppressif envers François Grisé », peut-on lire dans la poursuite.

Ces allégations n’ont pas encore été prouvées en cour.

Création d’un incubateur industriel

Après avoir quitté le secteur de la construction où il occupait le poste de coprésident du Groupe Robin, Jonathan Robin s’est lancé dans le domaine agroalimentaire en développant un incubateur industriel sur le boulevard Choquette.

L’idée était de regrouper sous un même toit des entreprises spécialisées dans la fabrication de bières (microbrasserie Le Bilboquet), de spiritueux (Distillerie Noroi), de café (Mareiwa Café colombien) et de thé fermenté (Fixi Kombucha). Ce printemps, Mareiwa Café colombien a quitté les lieux pour s’installer dans d’autres locaux du parc industriel Olivier-Chalifoux.

Selon M. Robin, cet incubateur représente des investissements de l’ordre de sept millions de dollars. Le développement rapide de ce projet industriel semble avoir nécessité des engagements financiers de M. Grisé. « François Grisé n’avait pas la position financière qui lui aurait permis de se battre contre son actionnaire qui usait de sa position favorable pour forcer François Grisé à vendre ses actions dans les sociétés qu’il avait fondées avec passion et dévouement », mentionne la requête.

Selon notre compréhension de ce dossier complexe, le refus de M. Robin de payer un ajustement du prix de vente de la microbrasserie permettrait à M. Grisé de se voir verser sans délai un montant de 255 000 $. Cette somme représente un billet à terme qui devait être payé en deux versements égaux et consécutifs, le 25 février 2020 et le 25 février 2021.

« Le refus éhonté de Robin de ne pas respecter les modalités convenues à la Convention d’achat d’actions sans aucun motif valable de contestation, et surtout dans le contexte où il a volontairement consenti au processus d’achats d’actions, constitue ni plus ni moins un abus de droit », indique la poursuite.

En complément du montant de 255 000 $, François Grisé demande l’ajustement du prix de vente de l’entreprise fixé à 14 657 $ ainsi que le remboursement de ses frais juridiques estimés à 15 000 $.

Ce litige étant devant les tribunaux, François Grisé et Jonathan Robin n’ont pas souhaité commenter le dossier.

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