27 août 2020
Exceldor à Saint-Hyacinthe
François Legault invite l’UPA au compromis
Par: Rémi Léonard

Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le premier ministre François Legault s’est montré très favorable à la réalisation du projet d’Exceldor à Saint-Hyacinthe. Il n’a toutefois pas révélé s’il comptait intervenir directement pour le rendre possible. Photo François Larivière | Le Courrier ©

De passage à Saint-Hyacinthe ce mardi pour rencontrer les élus locaux, le premier ministre François Legault a exprimé son souhait de voir le projet de nouvelle usine d’Exceldor se concrétiser dans la région et a invité l’Union des producteurs agricoles (UPA) à revoir sa position dans ce dossier.

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Jusqu’ici, l’organisation syndicale s’est opposée aux demandes de dézonage visant à permettre la réalisation du projet en bordure de l’avenue Pinard, à Saint-Hyacinthe, dans un souci de protéger ces terres agricoles. La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a déjà rejeté une première demande pilotée par la Ville de Saint-Hyacinthe et a émis plus récemment une orientation préliminaire défavorable à une deuxième demande formulée par la MRC des Maskoutains. La décision finale est toujours attendue.

Selon nos informations, des élus de la région souhaiteraient que le gouvernement Legault fasse usage d’un décret pour accorder le dézonage à cet endroit en passant outre la CPTAQ. En conférence de presse à la suite de leur rencontre avec le premier ministre, ce dernier a plutôt interpellé directement les agriculteurs et leur syndicat. « J’invite l’UPA à travailler avec les autres agriculteurs – parce qu’Exceldor est une coopérative de producteurs – […] pour trouver une solution », a-t-il affirmé.

Parmi les éléments pouvant amener au compromis, le PM a évoqué l’option de « garantir » le caractère agricole de 38 hectares de terrain en échange des 23 hectares convoités par Exceldor au sud de l’autoroute 20. Ces 38 hectares font référence aux terres agricoles en bordure du parc industriel Théo-Phénix qui auraient le potentiel d’être utilisées à des fins industrielles, manœuvre que la Ville s’est déjà engagée à ne pas faire. François Legault a également soulevé un nouvel argument en proposant l’aménagement de « serres hydroponiques » sur le toit de la future usine pour atténuer la perte en terres cultivables.

Se rangeant clairement du côté des élus de la région, qu’il venait de rencontrer en compagnie de la députée Chantal Soucy, M. Legault a rappelé à plusieurs reprises l’envergure de l’investissement en jeu : 200 M$ et 600 emplois dans une première phase seulement. « Je ne peux pas croire qu’on ne peut pas trouver une entente », a-t-il déclaré. Notons que même avec un appui éventuel de l’UPA, la décision finale revient tout de même à la CPTAQ.

Les grands moyens?

Questionné par LE COURRIER à savoir si l’usage d’un décret était toujours sur la table, il a répondu que son « premier choix » demeurait de trouver un compromis entre les parties impliquées. La porte semble donc demeurer ouverte pour le moment. Le premier ministre a aussi insisté sur l’appui des élus de la région à ce projet, qu’il étend à un appui général dans la population. « En bout de ligne, ça devrait être les citoyens qui décident », a-t-il déclaré.

Notons que dans un dossier qui comporte quelques similitudes du côté de Saint-Jean-sur-Richelieu, où des élus municipaux souhaitaient obtenir le dézonage de 187 hectares de terres pour permettre la création d’un « Parc d’affaires et d’innovation régional », le ministre de l’Agriculture a déjà indiqué que l’utilisation du décret était écartée. À l’opposé, le gouvernement Legault a utilisé ce procédé pour dézoner 94 hectares de terres agricoles appartenant à Hydro-Québec à Beauharnois pour la réalisation d’un projet de centre de données de la multinationale Google.

Décret ou pas, le premier ministre Legault a tout de même confirmé qu’il souhaitait voir le projet d’Exceldor être réalisé dans la région. « On a besoin de ces 600 emplois ici », a-t-il affirmé durant le point de presse. Il a aussi expliqué qu’il serait « préférable que l’usine soit ici » puisque de nombreux producteurs de volailles sont dans la région.

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