26 septembre 2019
Enjeux agricoles en campagne
Freeland et Vincelette en mode séduction
Par: Jean-Luc Lorry

Le candidat libéral René Vincelette accompagné de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, à Saint-Barnabé-Sud. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, était hier, mercredi, de passage dans la municipalité rurale de Saint-Barnabé-Sud pour soutenir le candidat libéral René Vincelette.

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M. Vincelette avait convié à cette visite de marque plusieurs agriculteurs à la ferme de Ghislain Cloutier, spécialisée dans la grande culture et le secteur avicole.

Se présentant comme fille d’un producteur agricole installé dans le nord de l’Alberta, Chrystia Freeland a dit comprendre la réalité du milieu rural.

Présent à cette rencontre, le président des Producteurs de poulet du Canada, Benoit Fontaine, a fait part à la ministre Freeland de ses préoccupations concernant les négociations menées actuellement par le Canada avec les pays du Marché commun du Sud (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) en vue d’une nouvelle entente de libre-échange.

« Nous sommes inquiets des demandes du Brésil qui est le plus important exportateur de poulet au monde », a partagé M. Fontaine.

Mme Freeland a assuré que de telles négociations prennent beaucoup de temps et que, pour le moment, le Canada en est « au premier chapitre » concernant les négociations avec ces pays d’Amérique du Sud.

Gestion de l’offre

Malgré la colère du milieu agricole concernant les concessions accordées dans la gestion de l’offre, Chrystia Freeland assure que l’agriculture canadienne est loin d’avoir perdu des acquis lors de la signature des différents accords de libre-échange.

« Il faut comprendre que, pour les producteurs agricoles exportateurs au Canada, les accords de libre-échange sont essentiels. Les producteurs agricoles comprennent cela très très bien. Même lors des négociations du nouvel ALENA, nous avons ouvert davantage le marché américain pour les producteurs agricoles canadiens », a indiqué la ministre des Affaires étrangères en entrevue au COURRIER.

Le gouvernement fédéral a promis des compensations de l’ordre de 1,75 milliard sur huit ans aux producteurs laitiers. Ce montant représente un dédommagement pour les pertes occasionnées par la conclusion du traité de libre-échange avec l’Europe et de l’Accord de partenariat transpacifique.

Maintenant, il reste à offrir des compensations pour les producteurs de volailles, d’œufs ainsi que les transformateurs. « Nous avons promis des compensations aux agriculteurs pour la gestion de l’offre et nous allons tenir nos promesses. On pense qu’une approche consultative est essentielle, mais cela prend un peu de temps », a mentionné la ministre Freeland qui est candidate dans la circonscription d’University-Rosedale située au centre de Toronto.

Sur le dossier crucial de la gestion de l’offre, la candidate néodémocrate, Brigitte Sansoucy, dénonce les pertes pour le milieu agricole sous le gouvernement Trudeau.

« Dans les trois derniers accords de libre-échange que Justin Trudeau a signé, il a sacrifié près de 8,4 % de notre capacité de production et de transformation laitière, entraînant des pertes permanentes de plus de 450 millions de $ par année », écrit Mme Sansoucy dans un communiqué.

« C’est facile de faire des commentaires lorsqu’on n’est pas assis à une table de négociations, répond René Vincelette. À la table de négociations, il y a deux partenaires et l’on ne peut pas tenir pour acquis que l’autre partenaire va tout nous donner. Il ne faut pas oublier que les partenaires avec lesquels nous nous sommes assis ne sont pas de la même taille que nous. La gestion de l’offre, elle existe, elle est présente et elle le sera encore. »

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