23 août 2012
Gaz de schiste
Front commun des maires contre l’exploitation
Par: Le Courrier
La MRC Les Maskoutains considère que l'exploitation des shales gazifères ne peut se faire dans le respect des principes de développement durable généralement reconnus.

La MRC Les Maskoutains considère que l'exploitation des shales gazifères ne peut se faire dans le respect des principes de développement durable généralement reconnus.

C’est une position sans équivoque que la Municipalité régionale de comté Les Maskoutains (MRC) vient d’adopter dans le dossier des gaz de schiste : le conseil des maires, par un vote unanime, a décidé de manifester officiellement son opposition à toute activité d’exploration ou d’exploitation de ces gaz sur son territoire.

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« Étant donné la richesse de ses terres qui sont considérées parmi les plus fertiles et les plus productives du Québec et la vocation première de la région qui consiste en la production, la transformation, la formation et la recherche dans le domaine agroalimentaire, la MRC conclut que l’exploitation des shales gazifères est totalement incompatible et inconciliable avec l’agriculture et par conséquent, avec le développement du secteur agroalimentaire », explique la MRC dans un communiqué.

La prise de position des maires à leur séance régulière du 15 août fait suite, explique-t-on, au mémoire que la MRC a présenté en novembre 2010 à la Commission du BAPE sur le développement durable de l’industrie du gaz de schiste. Dans ce mémoire où elle faisait état de toutes ses inquiétudes dans le dossier, la MRC demandait à ce que l’exploration du sous-sol soit gelée par un moratoire tant et aussi longtemps qu’elle n’obtiendrait pas toutes les garanties de sécurité exigées pour la protection de l’environnement.« Le forage des puits nécessite une très grande quantité d’eau. L’industrie évalue à environ 13 000 m3 l’eau nécessaire pour le forage et la fracturation d’un puits. À l’eau, on ajoute du sable et des produits chimiques. Plus de 40 produits chimiques ont été identifiés par le MDDEP dans les solutions de fracturation des puits. Le Département de protection environnemental de l’État de New York a, pour sa part, reçu des entreprises une liste de 200 additifs chimiques pouvant être potentiellement utilisés lors de la fracturation. Certaines autres études parlent de 900 produits dont plusieurs sont reconnus comme ayant un impact sur la santé humaine comme le benzène, l’éthylène glycol et le naphtalène », soulignait notamment la MRC dans son mémoire.Les maires n’auront donc pas attendu les conclusions de l’Évaluation environnementale stratégique qui est en cours pour adopter une attitude très ferme dans le dossier. Ils considèrent que « l’exploitation des shales gazifères dans le contexte de la MRC des Maskoutains ne peut se faire dans le respect des principes de développement durable généralement reconnus ».Ils signalent en outre que « la position gouvernementale visant à favoriser l’utilisation du territoire agricole pour l’exploitation des shales gazifères est en complète contradiction avec les exigences et les restrictions que le gouvernement impose lui-même à la MRC des Maskoutains pour tout empiètement sur la zone agricole ». Il s’agit là d’une allusion au fait que le gouvernement semble vouloir empêcher toute expansion des périmètres urbains dans les MRC entourant la Communauté urbaine de Montréal (CMM), et cela dans le but de favoriser le développement de la CMM. La préfet de la MRC Les Maskoutains, Francine Morin, a expliqué au COURRIER que la prise de position du conseil des maires était le fruit d’un long cheminement dans le dossier. Mais elle a admis que la campagne électorale en cours est un autre élément qui a joué dans la décision des élus de trancher la question à ce moment-ci.« Les maires trouvent que c’est une bonne période pour dire à tous les candidats que la position de la MRC des Maskoutains dans le dossier des gaz de schiste, c’est celle-là, et qu’ils doivent la retenir », a indiqué Mme Morin.

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