20 juin 2013
Finances précaires au Diocèse
Gérer l’avenir, malgré tout
Par: Le Courrier

Ce printemps, le Diocèse Saint-Jean-de-Longueuil vendait les résidences de son évêque et de l’évêque auxiliaire en plus de licencier une dizaine d’employés pour redresser sa situation financière. Pendant ce temps, le Diocèse de Saint-Hyacinthe traverse lui aussi des moments difficiles, mais maintient le cap grâce à sa Fondation.

publicité

Pourtant, la valeur des placements à long terme des corporations religieuses pourraient laisser croire que l’Église se porte plutôt bien. La corporation de l’Évêque catholique romain de Saint-Jean-Longueuil présentait 18,1 M$ en placements à long terme à son bilan 2011, selon l’Agence de Revenu du Canada. Chez nous, l’Évêque catholique romain de Saint-Hyacinthe en possédait 11,5 M$ à la même date.

« Oui, les chiffres sont impressionnants, admet l’évêque du Diocèse de Saint-Hyacinthe Mgr François Lapierre, mais nous avons des obligations énormes à soutenir. Les revenus ont baissé au cours des dernières années et on a toujours à maintenir d’immenses édifices. L’hiver, on parle de milliers de dollars chaque jour pour chauffer ces immenses vaisseaux. »L’évêque est catégorique : le Diocèse n’est pas dans une meilleure position que celui de Saint-Jean-Longueuil ou les autres. « La différence ici, c’est que des gens ont été prévoyants et ont mis sur pied la Fondation. Si on n’avait pas la Fondation, la générosité des gens et des communautés religieuses qui contribuent aux campagnes de financement, on devrait faire la même chose qu’à Saint-Jean », a dit Mgr Lapierre.La Fondation du diocèse possède 12,7 M$ de placements à long terme et peu de passif, ce qui en fait « l’organisation la plus riche » du Diocèse, selon le procureur diocésain Denis Charpentier. Les intérêts que génèrent ses investissements ainsi que les fonds amassés grâce à ses collectes annuelles permettent notamment de financer la mission pastorale et de maintenir des services diocésains de qualité. « Ces montants paraissent énormes, mais si on pense qu’il y a 400 000 personnes, 85 paroisses, et plus d’une centaine de communautés avec des églises à maintenir à travers tout le territoire du Diocèse, ce n’est pas beaucoup. On ne peut pas opérer à partir de rien. Ça prend un minimum. Il nous faut assurer un personnel bien formé et des services. Prenez les cimetières : l’argent qu’ils génèrent ne supporte pas leur entretien. On ne veut pas que ça finisse comme à Montréal, où certains cimetières ont été abandonnés. »Et le maintien de services de qualité apparaît particulièrement important à l’évêque dans le contexte où l’Église espère trouver un nouveau souffle, notamment grâce aux adultes qui viennent ou reviennent vers la foi (cathécuménat). « Ces gens découvrent le chemin de la foi et on doit les accompagner. Pour ce faire, on ne peut pas compter que sur le bénévolat et la bonne volonté; ça prend une formation et les compétences nécessaires. Lorsque vous rencontrez des jeunes de 16 ou 17 ans, si vous ne savez pas comment interagir efficacement avec eux, ils vont partir. »Malgré la situation financière difficile, ce souci de poursuivre la mission pastorale apparaît comme la pierre angulaire de jours meilleurs pour le Diocèse, selon Mgr Lapierre. « Je me refuse à gérer la décroissance. On continue à aller de l’avant. Ce que l’on gère, ce n’est pas la fin. C’est l’avenir. Je crois qu’il y a un avenir », a-t-il conclu.

image