15 février 2018
Gestion du patrimoine 101
Par: Le Courrier

J’aimerais porter à l’attention de nos élus (particulièrement les nouveaux) et fonctionnaires le règlement 381 de la ville de Saint-Hyacinthe, approuvé en date du 19 décembre 2011, dont voici quelques extraits :

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Règlement 381 relatif à la citation du Marché public de Saint-Hyacinthe à titre de monument historique :
CONSIDÉRANT que l’actuel bâtiment du Marché public a été érigé en 1876-1877, ce qui ferait de lui le plus ancien marché public du Québec;
CONSIDÉRANT que ce bâtiment a une valeur historique très importante;
CONSIDÉRANT que ce bâtiment a une valeur architecturale remarquable dû à son âge et son authenticité.
La conservation de l’immeuble doit se faire selon les règles suivantes :
Préserver l’intégrité architecturale. Préserver le caractère d’origine des principales composantes architecturales;
La nature, la modulation, la texture et la couleur des matériaux de revêtement des murs extérieurs et des ornements, tant en brique qu’en bois, sont préservés ou rétablis;
La mise aux normes de l’immeuble, en vertu des codes et règlements en vigueur, et son adaptation à une fonction nouvelle, le cas échéant, doivent viser le maintien de l’intégrité des caractéristiques architecturales d’origine et doivent s’exprimer à l’extérieur par un souci optimal de conservation. Les travaux et aménagements qui dérogent à ces conditions, en vertu de telles exigences réglementaires et qui sont requis par un projet assurant la mise en valeur pérenne (i.e. qui dure longtemps) de l’immeuble, ne sont acceptés que s’il est démontré qu’ils sont réversibles, c’est-à-dire que l’état de l’immeuble avant modification peut être retrouvé sans difficulté et à un coût raisonnable, lors d’un chantier de restauration postérieur.
Je ne vois pas comment, en remplaçant toutes les briques par des neuves, cela répondrait ne serait-ce qu’à un seul de ces critères. Et comment cela pourrait-il être réversible (selon le règlement)?
J’en conviens, la rénovation a un coût. Et la rénovation de bâtiment historique encore plus. La question que l’on doit se poser est : est-ce que l’on veut conserver ce bâtiment « historique » ou non? À titre de référence, lors de la construction de la tour des Coopérants à Montréal (tour KPMG aujourd’hui), le presbytère de l’église Christ Church (classé bâtiment historique) a été démonté et reconstruit pierre par pierre en 1988. Sans cela, ce bâtiment ne serait qu’un parmi tant d’autres aujourd’hui.
De plus, je vois mal la Ville imposer des restrictions aux simples citoyens et commerçants, entres autres, avec le règlement 350, chapitre 20.3 (Dispositions concernant les bâtiments construits avant 1925 au centre-ville) quand eux-mêmes ne respectent même pas leurs propres réglementations.

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