23 mai 2019
Bilan de la campagne image de marque
Gratter le bobo
Par: Martin Bourassa

Mais à quoi ont-ils pensé? Dans la catégorie des pires mauvaises idées, celle d’organiser un événement pour faire le (triste) bilan de la campagne de l’image de marque de la région de Saint-Hyacinthe remporte la palme haut la main.

C’est l’équivalent de tourner le fer dans la plaie ou d’enlever sa gale pour gratter son bobo. Non, ce n’était vraiment pas nécessaire de faire le bilan d’une campagne qui aura marqué les esprits pour de mauvaises raisons. On aurait très bien pu se passer de cette opération camouflage et d’une tentative de trouver du positif dans quelque chose qui n’en a pas eu vraiment tout compte fait. Cela explique sans aucun doute le peu d’engouement des partenaires du milieu pour cette soirée de clôture.

S’il restait des fonds à dépenser, il aurait été beaucoup plus pertinent de les verser à Centraide ou à la clinique de pédiatrie social Grand Galop du centre-ville plutôt que d’investir dans la réservation d’une salle du centre des congrès, des petites bouchées et quelques musiciens pour animer un 5 à 7 qui ne lèverait pas de toute façon.

N’ayons pas peur des mots, cette campagne aura été un vrai gaspillage et une opération ponctuée de faux pas et de malaises. Gaspillage de fonds publics et privés puisque la Ville de Saint-Hyacinthe et divers partenaires ont injecté environ 1 M$ de dollars maskoutains dans une campagne de publicité aux retombées qu’on savait dès le départ bien incertaines. Et c’était avant d’avoir vu cette campagne! Le slogan La grande région de Saint-Hyacinthe – Terre d’innovation n’était pas si mal, dans la mesure où il ne fallait guère être innovant pour trouver mieux que le slogan qu’il visait à remplacer, le très insipide La région de Saint-Hyacinthe – Un monde à votre mesure. Mais l’enrobage autour du slogan principal avec les qualificatifs à double sens et douteux du style Énorme, Épuisante, Étourdissante était plus embarrassant qu’autre chose.

On a vite corrigé le tir à la vue des perceptions négatives, mais le mal était fait. Ce n’est pas pour rien que la Ville de Saint-Hyacinthe a rebondi avec sa campagne maison voulant que l’avenir se travaille, se partage, se construit ou se forme à Saint-Hyacinthe.

Le maire Claude Corbeil, l’instigateur de la campagne image de marque du temps où il présidait la Chambre de commerce, aura beau dire que cette campagne aura été une réussite, il n’est pas très objectif. Quand il dit que le succès de cette campagne était lié à l’appui de la communauté et que la réponse a été à l’image de notre milieu, soit efficace et tricotée serrée, il ne convainc personne.

À peu près aucune entreprise ou institution publique ou privée ne véhicule cette image de marque sur son site Internet ou dans ses communications corporatives.

Même pas le site Internet de la Ville de Saint-Hyacinthe, cette dernière qui a pourtant investi 328 000 $ de notre argent dans cet ÉNORME fiasco.

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