15 juin 2017
Carte blanche
Grogne populaire
Par: Christian Vanasse

Il n’y a pas de hasard dans la vie, il n’y a que des synchronies. Par exemple, au centre-ville le projet Réseau Sélection soulève de l’opposition pendant qu’à Québec le projet de loi 122 est à l’étude. Je trouve ces deux événements drôlement reliés. Au cours des derniers mois, au nom de l’autonomie municipale, maires et promoteurs ont pesé de tout leur poids politique sur le projet de loi 122 afin de donner plus de pouvoirs aux municipalités… et en enlever aux citoyens. Notamment en faisant disparaître les fameux référendums. Ceux-ci, bien qu’imparfaits et rarement utilisés, étaient davantage une police d’assurance pour calmer les ardeurs de promoteurs ou de politiciens trop pressés de faire avancer des projets mal ficelés. Ne restera au peuple que le pouvoir de voter aux quatre ans. Et être « consulté » le reste du temps. Comme influence réelle, on a vu mieux. 

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Dans le projet Réseau Sélection aussi, on a vu mieux. En fait, on ne peut pas vraiment parler d’un « projet » quand il semble déjà réalisé. Et c’est là tout le problème. Ça aurait été le meilleur projet du monde, s’il est décidé d’avance et que le seul choix qu’on nous offre, c’est de s’opposer, inévitablement, il y aura conflit.

Quand il est question d’urbanisme, la participation des citoyens aux décisions majeures devrait être non négociable. Il doit y avoir une véritable transparence des décisions et la diffusion d’informations complètes et compréhensibles sur les projets à l’étude. Et qu’on oblige les municipalités à publier toute l’information dans leurs journaux locaux! Mais surtout, la participation et la consultation des citoyens avant que la décision ne soit arrêtée. Comme le disait l’ex-maire Jean-Paul Lallier en citant un vieux proverbe africain : « Ce que tu ne fais pas avec moi, tu le fais contre moi. » 

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