26 juillet 2012
Chevrolet Corvette 427 2013
Grosse grosse Corvette
Par: Marc Bouchard

Avis au lecteur : tout commentaire désobligeant sur ma personne ou quelque partie de mon corps que ce soit, en lien avec le présent texte, sera passible d’une violente colère de ma part et ne sera admis que sur présentation d’une preuve photographique (que je sais impossible…). Bref, pas de blague sur ma virilité parce que je conduis une Corvette!

La Corvette fête, en 2013, son 60 e anniversaire. Et pour l’occasion, GM a lancé le cabriolet le plus puissant de l’histoire, la 427, basée directement sur la Corvette Z06 coupé, mais il ne faut pas le dire. Car bien que la quasi-totalité des composantes soit les mêmes, on ne peut pas dire qu’il s’agit d’une Z06 convertible au risque de se faire accuser de lèse-majesté. Houlala…

C’est vrai que les Corvettes ne sont plus aussi courantes qu’à une certaine époque. L’étiquette de prix fixée à 113 000 $ sur mon modèle d’essai y est sans doute pour quelque chose, mais bien au-delà du simple prix, le confort et la qualité de la voiture n’ont pas toujours été à la hauteur. En terme de style cependant, celui de la Corvette ne se dément pas. Bien sûr, il faut aimer les ailes rondes et rebondies qui jaillissent littéralement de chaque côté du capot, tout comme il faut aimer le toit de toile qui chapeaute notre cabriolet. Mais dans l’ensemble, elle a du style, de la gueule et, j’irais jusqu’à me commettre, n’a rien à envier aux sportives européennes parfois beaucoup plus dispendieuses. Dans l’habitacle cependant, autre son de cloche. Le look n’est pas spectaculaire, mais correct tout au plus. Les plastiques mariés au cuir ne sont pas du plus bel effet. Et sincèrement, les sièges n’offrent pas autant de support qu’on aurait pu le souhaiter. Quant aux accessoires, ils ont l’avantage d’être nombreux, mais là s’arrête le plaisir. Le simple jumelage avec le système Bluetooth, par exemple, relève du baccalauréat, et même une fois jumelé donne une sonorité digne d’une boîte de conserve de luxe. Quant au toit, pour l’enlever, il faut se prêter à une certaine gymnastique : d’abord, tourner la poignée manuellement pour décrocher l’avant (comme on le fait sur des voitures d’entrée de gamme). Puis, assurez-vous d’avoir mis la voiture à l’arrêt et au neutre, puis d’avoir enclenché le levier de frein à main. Appuyez ensuite sur le bouton, attendez un peu… et voilà! Laborieux et lent, tout au mieux.

Machine de guerre

Mais la beauté de la Corvette n’est ni extérieur, ni dans l’habitacle. Elle se retrouve plutôt sous le capot de fibre de carbone de la bête. On y a greffé le moteur LS7, un monstre de 505 chevaux capable d’accélération spectaculaire, et pour lequel je n’ai jamais trouvé la fin.

Jumelé à une boîte de vitesse ultra courte (qui équipe aussi la Z06, comme par hasard), le moteur fournit puissance et couple jusqu’à des régimes indécents. Et comme l’a souligné mon passager du jour, l’éditeur du Courrier, rien de tel que la sonorité d’un gros V8 jumelé à une boîte manuelle pour se réconcilier avec le plaisir de conduite. Il faut bien admettre qu’en accélération vive, le seul fait de lever le pied de l’embrayage donne un coup parfois violent qui déstabilise un peu la voiture, mais c’est la force brute de la bête qui amène ce genre de comportement. Même son de cloche au freinage, alors que le transfert de poids est bien contrôlé, mais les longueurs de freinage parfois erratiques. Enfin, et cette fois, c’est ma faute, les dimensions impressionnantes en longueur et en largeur de la Corvette la rendent parfois difficile à manier, donnant la sensation d’une instabilité en virage. Mais une fois engagée, la Corvette fonce, sans jamais hésiter. Il suffit d’avoir confiance.

En résumé

Je l’admets, aussi court fût mon essai, aussi agréable, l’a-t-il été. La Corvette est brutale, mais sait faire pardonner ses accès de violence quand on la conduit avec grâce. Oui, elle est trop dispendieuse et oui, elle est un peu trop de tout. Mais si je voulais une Corvette, ce serait sans doute celle-là!

Forces :

– Puissance brute – Design inspiré – Boîte de vitesse superbe

Faiblesses :

– Puissance trop brute – Freinage aléatoire – Prix

Fiche technique

Moteur : V8 7,0 litres Puissance : 505 chevaux à 6300 tr/min Couple : 470 livres-pied @ 4800 tr/min Transmission : manuelle 6 vitesses Consommation : 14 l aux 100 km 0-100 : 3,9 secondes Prix : 113 000 $

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