5 décembre 2019
Exposition de Jocelyn Philibert à Expression
Guidé par les arbres et la lumière
Par: Maxime Prévost Durand

À partir de dizaines voire de centaines de photos, Jocelyn Philibert les réunit pour n’en faire qu’une seule, lui donnant l’impression de « peindre avec la photographie ». Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’une des plus imposantes œuvres à avoir été présentée au centre d’exposition Expression s’inscrit dans le cadre de l’exposition Dimension lumière, de l’artiste photographe Jocelyn Philibert, ouverte au public depuis le début novembre.

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Pour sa série Au jardin des possibles, qui regroupe quatre œuvres, l’une d’elles met en scène Adam et Ève qui sont chassés du paradis terrestre sur une toile de plus de 10,4 pieds de haut et 14,4 pieds de large. Inédite, cette composition visuelle regroupe plus de 200 photos rassemblées pour en faire une seule. « Je l’ai faite en pensant que j’allais venir à Expression », a soutenu Jocelyn Philibert, lors d’une visite de son exposition.

Sculpteur d’abord, l’artiste a bifurqué vers la photographie au début des années 2000, avec l’arrivée du numérique dans nos vies. Depuis, il n’a plus dérogé à cette méthode de création.

Comme pour chacune de ses œuvres (à l’exception d’une seule, qui est une sculpture de son ancienne vie d’artiste), l’arbre est maître de la photographie proposée aux visiteurs. Il inspire tantôt un lien avec la religion ou le mythe, tantôt le romantisme. Pourtant, l’artiste affirme ne pas avoir une fascination particulière pour cet élément de la nature. « [Mais aujourd’hui], je ne me vois pas prendre une photo sans un arbre, a-t-il confié. C’est devenu mon guide. »

La nuit et le jour se côtoient dans cette exposition, tout comme la lumière artificielle (flash) et naturelle (soleil). Un élément qui les unit est la manière dont chaque photo est composée, à partir de dizaines voire de centaines de clichés pris par l’artiste. De cette manière, il dit avoir « l’impression de peindre avec la photographie ».

« L’idée est de faire une saisie de réel. Celle-là a été faite sur cinq jours », a mentionné M. Philibert en pointant le photomontage « sur le chemin des bohémiens », lui aussi imposant par ses dimensions d’environ 7 pieds de haut et 10 pieds de large.

L’artiste évoque par ailleurs son « obsession pour notre rapport de la vision de la réalité » à travers ses œuvres. « Pour moi, le réel est très abstrait. On est toujours dedans, mais en même temps il est très dur de le définir. »

Pure coïncidence, une touche bien régionale s’inscrit dans quelques-unes de ses œuvres : la présence de sa compagne, Laurence Sylvestre, originaire de Saint-Simon. L’apparition de personnes sur ses photos n’est que très récente pour Jocelyn Philibert. Il ne le fait que depuis qu’il a délaissé les photos nocturnes au profit de celles réalisées en plein jour, il y a quelques années.

« La nuit, c’est le mystère. S’il y avait une personne sur la photo, on se demanderait ce qu’elle fait là », a-t-il expliqué. D’autant plus que ses photos nocturnes étaient réalisées pratiquement à l’aveugle, avec comme seule lumière le flash qui se déclenchait au moment de la photo.

En plus de ses deux corpus présentant des arbres, Sans titre et Au jardin des possibles, une dernière œuvre sculpturale datant de 1997 a été intégrée à l’exposition. Il s’agit d’une tête de plâtre, réalisée à partir d’un trou creusé approximativement dans le sol pour en arriver à ce résultat.

L’exposition Dimension lumière de Jocelyn Philibert est installée à Expression jusqu’au 26 janvier.

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