26 décembre 2019
Guillaume Wagner : plus loin encore
Par: Maxime Prévost Durand

Guillaume Wagner présente son troisième spectacle, Du cœur au ventre, où il garde un regard toujours incisif sur la société dans laquelle on vit. Photo gracieuseté

« Plus habile et moins juvénile », Guillaume Wagner a acquis au fil des années une maturité dans son humour. Et son troisième spectacle, Du cœur au ventre, en témoigne bien. Certains disent même qu’il s’est assagi. Mais ce serait trompeur de le croire aussi facilement.

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« C’est vrai que, des fois, je me fais dire que je suis plus soft qu’avant. […] Mais je le connais mon spectacle et il y en a des moments qui sont rough », mentionne l’humoriste en entrevue avec LE COURRIER.

Guillaume Wagner a toujours été incisif dans son humour, que ça plaise ou non. Cette fois, c’est surtout dans la manière de le présenter qu’on peut le percevoir.

« Je suis plus hard dans ma proposition que dans les punchs. Je pense que je n’ai même jamais été aussi loin », admet-il.

Il y est question du narcissisme des réseaux sociaux et de l’image qu’on souhaite y projeter, puis de la masculinité toxique et de la culture du viol dans un retour sur le mouvement #moiaussi. Il aborde aussi sa nouvelle vie de père de famille, en jetant toujours un regard sur la société dans laquelle est né son fils.

À l’approche de la nouvelle année et à l’aube d’une nouvelle décennie, le trentenaire se dit néanmoins rempli d’optimisme sur le plan personnel, même s’il se montre plus pessimiste sur le plan global et mondial. « Mais une attitude optimiste nous force à avoir une influence positive », philosophe-t-il.

Confronter pour réfléchir

Dans son spectacle Du cœur au ventre, Guillaume Wagner n’hésite pas à confronter le public. Un exercice périlleux, mais nécessaire, estime-t-il.

« C’est très complexe de confronter les gens de la bonne manière, reconnaît-il. Mais je leur fais comprendre que je ne suis pas mieux. Je trouve ça important de confronter les spectateurs parce que souvent, en humour, on fait comme si les idiots étaient tous à l’extérieur de la salle et qu’on se moquait d’eux ensemble. Mais on fait tous partie de la société et on doit s’inclure là-dedans, sinon ce n’est pas honnête. […] C’est un défi que je me rajoute. C’est ça la force de l’humour, on peut dire les pires vérités et en rire. »

Il voit d’ailleurs que les gens comprennent où il veut en venir avec ses numéros, lesquels portent inévitablement à la réflexion.

« La réception est différente, je le vois dans mes rencontres avec les gens après le spectacle, lance-t-il. Lors de mes deux premières tournées, les gens étaient impressionnés de rencontrer une “vedette”, tandis que là, c’est la première fois que les gens viennent me voir après le show pour discuter du propos du spectacle. Ce sont des discussions plus intellectuelles que de juste dire “t’étais ben hot”. »

Guillaume Wagner entamera l’année 2020 en montant sur la scène du Cabaret André-H.-Gagnon du Centre des arts Juliette-Lassonde le vendredi 17 janvier. Il s’agit de son seul arrêt prévu à Saint-Hyacinthe dans les prochains mois.

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