21 mars 2019
Guiseppe de Leto coupable
Par: Olivier Dénommée

Guiseppe de Leto est incarcéré depuis son arrestation le 18 mai 2016 et pourrait passer le reste de ses jours derrière les barreaux. Photothèque | Le Courrier ©

Après avoir écouté attentivement la preuve présentée depuis un mois dans le cadre du procès de Guiseppe de Leto, ce Valois de 37 ans accusé d’avoir comploté et tué Martin Bélair et Nancy Beaulieu, le propriétaire et la gérante du bar de danseuses nues Cabaret Flamingo, le jury a tranché hier après-midi : l’accusé est coupable sur toute la ligne.

C’est le juré numéro 10 qui a prononcé le mot « coupable » à chaque accusation de meurtre au premier degré et de complot pour meurtre devant une salle pleine, mais silencieuse du palais de justice de Saint-Hyacinthe. Après deux jours et demi de délibérations, on comprend que le jury n’a pas retenu les arguments de l’avocat de la défense, Me Marc Labelle, qui considérait que rien ne prouvait que son client avait des raisons de vouloir tuer ses amis et qu’il n’avait aucun intérêt à vouloir prendre possession de l’établissement qui ne valait presque rien. La Couronne, représentée par Me Marie-Claude Morin, a remporté son pari en prétendant qu’elle avait amassé assez de preuves circonstancielles pour répondre aux « questions ultimes », à savoir si de Leto avait bel et bien participé aux meurtres du 6 janvier 2015.

Dans sa plaidoirie finale, Me Morin avait mis en doute le témoignage de l’accusé dans son procès qui, selon elle, aurait « modulé » ses réponses pour expliquer des éléments de preuves qu’il n’arrivait pas à nier. Elle a notamment insisté sur l’achat de la corde et des draps le jour même des meurtres, sur la location d’un véhicule de type Suburban blanc qui aurait servi à escorter le pick-up de Martin Bélair jusqu’à Mascouche où ce dernier a été abandonné dans la nuit du 6 au 7 janvier avec les corps des victimes dans la boîte à l’arrière, sur l’achat, quelques jours avant les événements, d’une arme à feu du même calibre que celle utilisée pour tuer les victimes et sur le fait que l’accusé semblait savoir que Martin Bélair ne se présenterait pas à « un rendez-vous convenu » au Flamingo le 7 janvier, avant même que sa disparition soit constatée.

Dans le cas des meurtres au premier degré, la peine automatique est la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. La poursuite n’a pas encore dévoilé ses couleurs quant à son intention de demander que ces peines soient subies de façon concurrente ou consécutive. Pour ce qui est des chefs de complot, aucune peine minimale n’est prescrite, mais le juge André Vincent a déjà précisé que les peines ne pourraient être que concurrentes. Les avocats doivent se retrouver devant le juge mardi prochain pour les représentations sur sentence.

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