5 avril 2012
Hausse de 1 625 $ ou comment mettre la charrue en avant des boeufs
Par: Le Courrier

Le débat sur la hausse des frais de scolarité ne se fait pas vraiment au Québec. On parle plutôt de comment les étudiants pourraient mieux manifester. Ou comment la police pourrait mieux réagir. Franchement ce n’est pas ça qui va faire avancer la société.

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Le débat sur la hausse des frais de scolarité ne se fait pas vraiment au Québec. On parle plutôt de comment les étudiants pourraient mieux manifester. Ou comment la police pourrait mieux réagir. Franchement ce n’est pas ça qui va faire avancer la société.

Le plus gros problème, c’est que le débat ne se situe pas au bon endroit. On est en train de déterminer qui devrait investir pour quelque chose de bien nébuleux. Il me semble qu’avant de donner de l’argent pour quelque chose, j’aime bien savoir pourquoi je dois investir et surtout comment mon argent sera dépensé.La première partie de mon questionnement, c’est la raison. On entend dire que les universités sont mal financées et que ça amène un abaissement de la qualité des enseignements. Premièrement, comment a-t-on fait pour mesurer la qualité de l’enseignement et sur quoi se base-t-on pour dire qu’elle diminue? Il me semble que c’est la base du débat. Pourtant, j’en entends rarement parler. Après une démonstration concrète qu’il y a des problèmes. Je m’attends, en tant que citoyen, qu’on me donne une planification de mesures concrètes qui vont améliorer l’enseignement. J’aimerais aussi qu’on mette en place un processus d’évaluation de ces nouvelles mesures après quelques années. Bizarrement, encore une fois, il est impossible de trouver de l’information là-dessus. C’est certain que pour avoir des mesures concrètes, il faut connaître les causes qui amènent une diminution de la qualité. Lorsque nous injectons 400 ou 600 millions de plus dans un réseau, il faut savoir à quoi cet argent va servir. Finalement, disons que ce constat (diminution de la qualité par manque de financement) est réel. Et que nous avons un plan pour le contrer. On augmente le financement. Ce n’est pas si simple que ça évidemment. Il faut choisir comment on va l’augmenter. Au lieu d’utiliser un moyen régressif comme une hausse égale pour tous, pourquoi ne pas ajouter un quatrième palier d’imposition? On pourrait aller chercher sensiblement le même montant. Ou encore pourquoi ne pas améliorer la gestion de nos collèges et universités.Le débat ici n’est pas de savoir que nous aurons encore les droits de scolarité les moins élevés au Canada. Même si la machine propagandiste du gouvernement le crie sur tous les toits. Il faut plutôt connaître ce qui fait défaut en éducation supérieure au Québec. Ensuite, il faut déterminer un plan pour améliorer ce qu’on peut améliorer. Par la suite, on présente ce plan et finalement on détermine comment trouver cet argent. Il n’y a pas qu’une solution et je ne crois pas que diminuer l’accessibilité pour les étudiants issus de la classe moyenne soit la meilleure. Est-ce vraiment agir en bon père de famille que de dépenser l’argent de la province sans avoir de plan? En espérant que les familles québécoises ne prennent pas son exemple pour faire leur budget car là, nous aurons un vrai problème!

Jean-Simon CarrierEnseignant au secondaire Saint-Hyacinthe-30-

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