19 novembre 2020
Huguette Corbeil : une collègue en or
Par: Rémi Léonard

uguette Corbeil lorsqu’elle siégeait au conseil municipal maskoutain en 2001. Photothèque | Le Courrier ©

Huguette Corbeil en compagnie de son conjoint Pierre Solis lors de la soirée électorale de 2009. Photothèque | Le Courrier ©

Une photo croquée sur le vif d’un échange entre Huguette Corbeil et Claude Bernier lors du débat électoral de l’automne 2009 au Centre des arts Juliette-Lassonde. Photothèque | Le Courrier ©

Une nouvelle collaboratrice de la chronique Carte blanche s’était jointe à l’équipe de rédaction du Courrier de Saint-Hyacinthe à l’automne 2010. Mme Corbeil pose en compagnie du rédacteur en chef et éditorialiste Martin Bourassa. Photothèque | Le Courrier ©

Pendant que le Tout-Saint-Hyacinthe dit au revoir à Huguette Corbeil, LE COURRIER est allé à la rencontre de quelques-uns de ses anciens collaborateurs pour voir comment elle a laissé sa marque dans les esprits. Le constat est unanime : la présence d’Huguette Corbeil a été grandement appréciée partout où elle est passée.

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Ancien conseiller municipal, Réjean Pion dit garder de bons souvenirs des différentes soirées électorales qu’ils ont coanimées ensemble à la télévision communautaire, avant même qu’ils ne se retrouvent ensuite à siéger au sein du même conseil, en 1996. « C’était toujours agréable, toujours facile de travailler avec elle », a-t-il rapporté.

En fait, du moment qu’on s’impliquait un tant soit peu dans la communauté maskoutaine à une certaine époque, on ne pouvait que croiser le chemin d’Huguette Corbeil, s’est-il rappelé, parlant d’une femme « extrêmement sympathique, humaine et dotée d’un impressionnant réseau de contacts ». Une telle implication allait de soi pour cette femme qui a toujours baigné dans le monde politique, plus précisément dans les cercles libéraux, par exemple auprès des anciens députés Marcel Ostiguy et Charles Messier.

Une fois qu’ils sont devenus collègues au conseil, M. Pion a vite compris qu’Huguette Corbeil était une politicienne de convictions. « Si elle n’était pas d’accord avec une décision, elle était capable de tenir sa position », notamment en tant que présidente du comité consultatif d’urbanisme, s’est-il souvenu.

Nos archives renferment en effet quelques traces de ses prises de position, par exemple en 1999, lorsqu’elle avait été écartée d’une rencontre sur un projet immobilier projeté dans le boisé du Séminaire (dans le secteur de l’actuelle rue des Séminaristes) par l’homme d’affaires Robert Robin et qu’elle avait clairement manifesté son mécontentement. « Elle en imposait en prestance, mais en même temps, elle restait très accessible, très proche des gens », a décrit M. Pion.

Une alliée des femmes

À ce même conseil, élu en 1996, siégeait également Johanne Delage, qui a effectué un autre mandat de conseillère à Saint-Hyacinthe plus récemment avant de briguer avec succès la mairie de La Patrie, en Estrie. Elle s’est souvenue de Mme Corbeil comme d’une « femme de tête, digne, qui s’exprimait bien » et qui s’est donc tout naturellement lancée en politique pour devenir la première conseillère municipale de l’histoire maskoutaine.

Mais il n’y a pas que la politique dans la vie et c’était également « une femme d’une grande culture », a rappelé Johanne Delage. Réjean Pion se souvient également d’Huguette Corbeil comme d’une « bonne vivante » qui adorait la musique.

Comme Mme Delage, Huguette Corbeil croyait à l’apport essentiel des femmes dans la sphère publique. Alors qu’à l’époque, certaines pouvaient encore avoir « peur de s’impliquer », Mme Corbeil aura plutôt montré l’exemple, contribuant à tracer la voie à toute une génération de femmes éduquées, a décrit avec admiration Mme Delage. Pour donner une idée de la trempe d’Huguette Corbeil à ceux qui ne l’auraient pas connu, elle n’hésite pas à la comparer à Liza Frulla, une autre grande femme politique qui ne s’en laissait pas imposer dans un univers majoritairement masculin.

La grande dame maskoutaine

Ses qualités en faisaient véritablement « une des leaders » dans la sphère politique maskoutaine, a quant à lui commenté Richard Robert, qui s’est présenté à la mairie en 1980 dans la même équipe que Mme Corbeil. Il se souvient encore à quel point elle avait le « don de la politique ». « C’était une femme extraordinaire. Tout le monde l’aimait », a-t-il résumé.

En effet, peu importe ceux que l’on interroge, ces quelques mots reviennent presque inévitablement : Saint-Hyacinthe perd une grande dame avec le départ d’Huguette Corbeil.

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