19 janvier 2012
Coupable d'homicide involontaire
Huit ans de prison pour Sébastien Lalime
Par: Le Courrier

La fébrilité était palpable, mercredi, au Palais de justice de Saint-Hyacinthe, quelques minutes avant que le juge Claude Chamberland annonce la sentence du jeune Sébastien Lalime, 24 ans, reconnu coupable en octobre d’homicide involontaire sur son frère Jonathan, un homme schizophrène et dépendant aux drogues et qui inspirait la peur.

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La famille réunie a été soulagée au prononcé de la sentence de huit ans. « Je suis heureuse et ça fait longtemps que je ne l’avais pas été », a laissé tomber la soeur de l’accusé et de la victime, Mélissa Lalime, à sa sortie de la salle d’audience.

Cette sentence, à mi-chemin entre les demandes formulées par la Défense qui suggérait 6 ans de prison et la Couronne qui réclamait de 12 à 14 ans de détention, a satisfait les deux parties. Considérant que sa détention préventive compte double – Sébastien Lalime avait été formellement accusé la veille du changement de la loi qui venait mettre un terme à cette pratique – Lalime devra purger quatre ans et deux mois de prison. Il sera ainsi admissible à la libération conditionnelle dans 17 mois, soit au tiers de sa peine. « C’est un jeune homme calme, qui comprend entièrement les responsabilités et les conséquences du geste qu’il a posé, a commenté son avocat, Me André Lapointe, qui ne pouvait espérer une meilleure conclusion, dans un dossier qui s’était ouvert sous une accusation de meurtre prémédité. Sébastien Lalime s’était lui-même rendu aux policiers en février 2010, un peu moins d’un an après avoir assassiné son frère Jonathan. Il avait guidé les enquêteurs vers le corps, dissimulé dans un boisé de Saint-Théodore-d’Acton.Arrêté des dizaines de fois par les policiers et hospitalisé à plusieurs reprises contre son gré en raison d’importants troubles mentaux, Jonathan Lalime faisait régner un climat de terreur au sein de sa famille. En cours de procès, il a été révélé qu’il avait notamment agressé sexuellement sa mère à deux reprises en plus de la battre. C’est dans ce contexte que Sébastien Lalime aurait confronté son frère pour lui demander de ne plus approcher leur mère. Jonathan aurait alors lancé des propos narquois qui auraient avivé la colère de l’accusé, au point où il a tué son frère à l’aide d’un couteau de poche.

Refaire sa vie

La famille et les proches de Sébastien Lalime étaient sur place pour entendre la décision du juge. Depuis les premiers moments de cette affaire, ils se sont rangés derrière l’accusé, rappelant le climat de peur dans lequel ils étaient constamment plongés devant les comportements violents et imprévisibles de Jonathan. Tour à tour, ils ne s’étaient pas caché de vivre avec un poids de moins depuis sa disparition.

« Je ne cautionne pas le geste de mon fils, mais je comprends ce qui l’a poussé à bout et je vais le soutenir à travers l’épreuve », a commenté le père de l’accusé, Serge Ménard.« Je suis soulagé parce que Sébastien va pouvoir refaire sa vie, a-t-il poursuivi. Avec cette sentence, on lui donne une chance. Mais il reste toute même que j’ai un gars mort et un gars en prison. C’est un soulagement, mais avec une certaine réserve. »M. Ménard a profité de l’occasion pour rappeler à quel point la maladie mentale fait souffrir bien plus que la personne qui en est atteinte. « On sous-estime complètement la maladie mentale, alors que c’est un gros problème de société. Même quand tout l’entourage fait preuve de bonne volonté, il vient un moment ou ça fait trop souffrir, ou ce n’est plus endurable. »-30-

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