8 juillet 2021
carte blanche
Humain
Par: Christian Vanasse
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Quand je vois ces immenses foules rassemblées pendant les matchs de hockey et ces partisans compactés de joie qui dansent, chantent et exultent bruyamment des gouttelettes de bonheur dans toutes les directions sans aucune distanciation, ça me rend heureux moi aussi, car le plaisir est contagieux.

Une partie de ce plaisir vient des succès des Canadiens, et de la présence d’un Maskoutain en finale, mais aussi de voir une foule se permettre de faire dans la bonne humeur tout ce qui était (et est encore) interdit de faire. Comme un pied de nez à la pandémie sur des airs de Olé-Olé.

Mais je ne peux m’empêcher d’imaginer ce qui aurait pu se passer si Toronto avait compté un petit but de plus il y a un mois. En serions-nous là? Ou serions-nous plutôt en train de sortir tranquillement de notre bulle pour un prudent retour à la « normale » en nous questionnant sur nos distances pis en gérant les aérosols de nos émotions?

Ben non. À la place, nous en sommes à sauter, danser et crier sur la place publique dans les bras du premier venu qui crie « Caufield! » On est vite passé des « p’tits partys » à des parades de Coupe Stanley.

Le simple fait de regarder encore du hockey en juillet nous indique qu’on a le normal pas mal baroque. On dirait que vaccin et Canadiens se sont unis pour éliminer la pandémie. Tiens, ça ferait une belle théorie du complot ça…

Mais c’est humain. Après ce que nous avons vécu, nous avions besoin de joie, de fête et de nous rassembler. Les bars et les restos aussi. Nous avions besoin de vivre comme si ce virus n’existait plus… même s’il n’a pas dit son dernier mot. Le déni joyeux. Ça aussi, c’est humain.

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