5 décembre 2013
Le conducteur impliqué dans l'accident sur la 20 rencontre LE COURRIER
« Il faut corriger cette gaffe-là »
Par: Maxime Prévost Durand

« Je roulais dans la voie de droite sur l’autoroute derrière une voiture. Dans la voie de gauche, une voiture me dépasse. Elle doit rouler à 115 km/h. La voiture se trouvant devant moi a soudainement changé de voie et un camion se trouvait directement devant moi. Je n’ai jamais vu qu’il était arrêté, j’ai freiné d’un coup sec et donné un coup de roue vers la gauche, mais je n’ai pu l’éviter. »

Roger Lambert, un Drummondvillois de 63 ans, se compte plus que chanceux d’être toujours en vie après la violente collision survenue le 15 novembre entre sa camionnette et un poids lourd à l’approche du passage à niveau traversant l’autoroute 20 à Saint-Hyacinthe. Surtout lorsqu’il regarde les images de l’accident.

Il a subi d’importantes blessures au visage à cause de la vitre cassée, en plus de se déchirer un muscle de la cuisse. Deux semaines plus tard, il prend déjà beaucoup de mieux, bien qu’il conserve quelques séquelles. « Je souffre d’une entorse lombaire et j’ai une épaule toujours endolorie », affirme M. Lambert, qui marche avec un peu de difficulté.L’autoroute 20, il la connait bien. Environ trois fois par semaine, il part de Drummondville pour aller vers Montréal. Mais pour la première fois, il est arrivé à la hauteur de Saint-Hyacinthe alors qu’un train traversait l’autoroute. « Je n’avais jamais vu de train passer là depuis toutes ces années. »Il n’a jamais remarqué auparavant la pancarte indiquant le passage d’un train, posée quelques mètres avant le passage à niveau au-dessus de la 20. « J’ai vu la pancarte pour la première fois sur les photos. Tout ce que j’ai vu à ce moment, c’est le camion. » De mémoire, le poids lourd se trouvant devant lui n’avait pas les feux arrière allumés pour signifier qu’il était en arrêt, ce qui laisse croire que la circulation reprenait son cours au moment de la collision.Selon M. Lambert, il est impensable qu’une voie ferrée traverse une autoroute. Il presse le ministère des Transports du Québec (MTQ) de changer la donne avec une structure d’étagement afin de faire passer le train par-dessus la 20. « Je suis correct, j’ai la vie sauve, mais il pourrait y avoir des morts à cet endroit, surtout si de plus en plus de trains passent par là. S’ils ne font rien, c’est qu’ils sont inconscients. Il faut corriger cette gaffe-là! » On prévoirait faire circuler plus de 26 000 wagons par année sur le chemin de fer d’ici cinq ans.Seul endroit au Canada où un chemin de fer traverse une autoroute, « Saint-Hyacinthe est en retard sur les autres villes, croit le Drummondvillois. Elle manque de puissance pour se battre contre le gouvernement ». Il espère que des actions seront prises rapidement afin d’améliorer la sécurité de cette section particulière de l’autoroute 20. Du même coup, il compte faire circuler sur les réseaux sociaux les articles réalisés à la suite de l’accident afin de sensibiliser les gens et mobiliser la population.

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