17 septembre 2020
Dossier Exceldor
« Il faut qu’on s’entende », clament des producteurs
Par: Rémi Léonard

Bien connu dans la région, le producteur Yves Côté est également président du conseil d’administration d’Exceldor. On le reconnaît à droite devant ses installations en compagnie de François Turcotte, producteur du côté de l’île d’Orléans et vice-président du conseil d’administration de la coopérative. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Déterminés à défendre le projet d’usine d’Exceldor à Saint-Hyacinthe, deux producteurs de volaille qui siègent au conseil d’administration de la coopérative ont décidé de prendre la parole publiquement. Discrets jusqu’ici dans le dossier, Yves Côté et François Turcotte ont en effet tenu à faire savoir à quel point cette usine est attendue impatiemment par les producteurs de volaille.

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La capacité de l’usine de Saint-Damase étant atteinte, il n’y a simplement « plus de marge de manœuvre pour la croissance » au sein de leur entreprise, a expliqué M. Côté au cours d’un entretien avec LE COURRIER à ses installations de La Présentation. Même si la Montérégie regroupe 40 % de la production de volaille de la province, l’excédent qui ne peut être transformé à Saint-Damase doit pour l’instant être envoyé à Saint-Anselme, et même parfois jusqu’au Nouveau-Brunswick (près de la frontière avec le Québec), a-t-il soulevé.

Une nouvelle usine à Saint-Hyacinthe permettrait donc de réduire les émissions polluantes liées au transport et, par le fait même, d’augmenter la rentabilité de ce secteur. Même du point de vue du bien-être animal, la nouvelle usine serait un grand pas en avant, ont décrit les deux hommes. C’est qu’il y a tout un monde entre l’usine jugée désuète à Saint-Damase et celle projetée sur l’avenue Pinard, ont-ils décrit. M. Turcotte, qui est quant à lui producteur à l’île d’Orléans, parle carrément du projet comme un « tremplin vers les prochaines décennies » pour tout le secteur de la volaille.

Là où le bât blesse

Si le besoin pour cette nouvelle usine est bien réel, les deux producteurs sont toutefois conscients que c’est avant tout l’emplacement du projet qui constitue un obstacle dans ce dossier. Ce choix a toutefois été longuement étudié, a plaidé Yves Côté, en rappelant que le projet est en élaboration depuis maintenant cinq ans. « Quand on investit 200 M$ dans un projet, on ne veut pas se tromper », a renchéri M. Turcotte pour illustrer que rien n’a été laissé au hasard. Que ce soit la proximité de l’autoroute 20 et du centre de distribution de Beloeil, les racines de la coopérative en Montérégie, l’accès aux services d’eau potable et d’égout ou le fait qu’il soit adjacent à un parc industriel existant, tout concorde pour faire du terrain en bordure de l’avenue Pinard le « meilleur site », ont-ils soutenu.

Eux-mêmes attachés à la protection des terres agricoles, ils jugent toutefois que la proposition d’échange de terrain est tout à fait appropriée puisqu’elle permettrait de conserver une superficie au moins équivalente de territoire agricole. « On est en mode solution dans ce dossier… et je crois qu’on a une excellente solution, mais il faut qu’on s’entende », a fait savoir François Turcotte. Chose certaine, la région « mérite d’avoir cet abattoir moderne », a ajouté M. Côté, disant qu’il serait réellement « triste » que le projet n’aille pas de l’avant. Au contraire, sa réalisation serait une « fierté » pour la région, a ajouté François Turcotte.

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