12 janvier 2017
Les figures de l'ombre
Illuminer des génies ignorées 
Par: Sarah Daoust Braun
20th Century Fox

20th Century Fox

Le drame biographique Les figures de l’ombre jette un regard vibrant sur un pan largement méconnu de l’histoire de la NASA : la contribution de trois scientifiques Afro-Américaines à la conquête de l’espace des années 1960. Il en résulte un film-hommage enjoué et vivant, mais aussi fort profond. 

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États-Unis, 1961. La Guerre froide bat son plein et Soviétiques et Américains s’affrontent pour déterminer qui prendra possession de l’espace en premier. La NASA se concentre sur le programme Mercury qui vise à envoyer l’astronaute John Glenn en orbite autour de la Terre. L’agence gouvernementale emploie entre autres l’équipe de l’aile ouest composée exclusivement de femmes noires qui effectuent des calculs pour les différents départements. Parmi celles-ci, on compte Katherine Johnson (Taraji P. Henson), brillante mathématicienne qui aidera à calculer les trajectoires des vols spatiaux, la superviseure Dorothy Vaughan (Octavia Spencer) qui se spécialisera dans la programmation, et Mary Jackson (Janelle Monáe) qui souhaite devenir ingénieure. 

Déterminées et ambitieuses, elles devront toutefois se battre et réussir à se tailler une place dans un milieu encore largement raciste, où Noirs et Blancs n’ont pas les mêmes privilèges. 

Le film de Theodore Melfi (St. Vincent), qui signe le scénario avec Allison Schroeder, s’inspire du livre éponyme de Margot Lee Shetterly qui raconte le parcours de ces pionnières. C’est ce qui fait la force des Figures de l’ombre : rendre compte du travail de ces femmes à l’avancement conquête spatiale malgré les obstacles absurdes de cette époque ségrégationniste auxquels elles font face, comme lutter en cour pour avoir le droit d’étudier en génie ou encore devoir emprunter des toilettes pour gens de couleur situées à 1 km de son lieu de travail. 

Le scénario réussit aussi à intégrer habilement l’histoire de Katherine – qui a calculé la trajectoire d’Apollo 11 sur la Lune en 1969 – de Dorothy et de Mary dans une perspective plus large qui est celle du mouvement des droits civiques des années 1960 porté par Martin Luther King et celle de la course à l’espace, illustration de la Guerre froide et de la menace nucléaire qui plane. 

Le tout s’appuie sur la réalisation colorée de Theodore Melfi et la très bonne bande sonore qui contient plusieurs chansons originales de Pharrell Williams, qui agit également à titre de producteur. 

Bien entendu, la distribution n’est pas en reste. Kevin Costner, Kirsten Dunst et Jim Parsons viennent seconder les trois principales interprètes qui incarnent avec conviction et entrain leur personnage respectif. 

Les figures de l’ombre expose à la lumière le travail remarquable de ces femmes extraordinaires. 

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