13 septembre 2012
Impressions sur l’élection
Par: Le Courrier

Comme Jean Charest l’a dit en annonçant sa démission, le Québec vient de vivre un des moments les plus forts de la vie citoyenne. Mais par contre, quelles conclusions pouvons-nous tirer de cette élection? Voici la petite analyse d’un citoyen du Québec qui suit la politique comme la plupart des autres suivent le hockey!

Comme Jean Charest l’a dit en annonçant sa démission, le Québec vient de vivre un des moments les plus forts de la vie citoyenne. Mais par contre, quelles conclusions pouvons-nous tirer de cette élection? Voici la petite analyse d’un citoyen du Québec qui suit la politique comme la plupart des autres suivent le hockey!

Commençons par le parti qui a eu le moins de votes. Je trouve qu’Option nationale a sa place dans l’échiquier politique du Québec, je suis pour la diversité même si elle ne fonctionne pas dans notre système électoral. Si je peux retenir une chose de leur plateforme, c’est que le message souverainiste est très fort. Là s’arrête la connaissance que j’ai de ce parti. Malheureusement, les deux empires de presse m’ont refusé l’accès à plus d’informations sur ce parti en refusant de lui octroyer le même traitement qu’aux trois « principaux partis ». Je trouve dommage que Jean-Martin Aussant n’ait pas été élu dans son comté. Ce jeune parti aurait pu mûrir en restant sous les projecteurs. Les militants ne doivent pas se décourager, Québec Solidaire a débuté de la même façon! Maintenant, le deuxième parti en ce qui a trait au suffrage. Québec Solidaire a consolidé sa place dans le monde politique québécois. La nouvelle venue, Françoise David, rendra plus populaire son parti que l’autre coporte-parole du parti. Ne voyez pas là une accusation des faits et gestes d’Amir Kadhir. En effet, je trouve qu’il a fait un beau travail depuis qu’il est élu. Il a su dépoussiérer le travail de député. Certains peuvent l’avoir trouvé un peu trop… Mais en même temps, un député qui a des convictions, de mon point de vue, ça fait du bien. Bravo à ce parti qui n’a pas amoindri son soutien aux étudiants dans le seul but d’aller chercher plus de votes. Ceci démontre une constance dans leurs positions et non des politiques électoralistes. L’organisation électorale ne devra pas être mise en veille parce qu’il faut déjà préparer les prochaines élections. Je ne me ferai probablement pas d’amis, mais je suis extrêmement content du résultat de la Coalition Avenir Québec. Évidemment, dans un mode de scrutin proportionnel, la donne serait différente. Le gouvernement aurait été beaucoup plus ingérable avec le PDG Legault ayant autant de poids. Plusieurs ont voté pour ce parti qui prônait le changement, mais souvent sans se demander à quel prix. Plusieurs des « changements » qu’il proposait auraient été dévastateurs pour l’ordre social et auraient tout simplement envenimé ce que plusieurs ont surnommé le Printemps Érable. On le sait bien, dans une campagne électorale, on fait des promesses, les siennes manquaient un peu de teneur. Pensons tout simplement à Hydro-Québec. Cette société d’État était censée être la plus grande source de financement de ses promesses. (…)Dans l’immédiat, il devra mettre de l’eau dans son vin pour faire fonctionner le gouvernement sans le faire reculer. Il devra mettre de la substance dans ce qu’il affirme. Et surtout, il devra faire attention pour ne pas démolir 50 ans de luttes sociales et travaillistes. Le Parti libéral du Québec doit encore essayer de reprendre son souffle après le sauvetage in extremis que son chef, son organisation électorale et ses sous ont réussi à faire! Je suis tristement surpris que malgré l’intransigeance, la corruption, les attaques aux droits des travailleurs, le copinage et les proches du parti qui deviennent lobbyistes il y a quand même un noyau d’électeurs qui le choisisse. J’ai beaucoup de respect pour le fin stratège politique qu’est Jean Charest. Par contre, j’ai peu de respect pour l’homme qui a laissé sombrer le Québec dans un épisode violent par simple preuve de fermeté pour ne citer que cet exemple. Ce parti devra faire un grand ménage et je crois que la Commission Charbonneau pourra l’aider là-dedans. Finalement, même si ses racines sont bien implantées chez une partie de l’électorat, il devra écouter le reste de la population qui, je l’espère, aura en tête la maxime du Québec. Finalement, parlons du Parti québécois. Premièrement, félicitations à Pauline Marois qui deviendra la première femme première ministre du Québec. Je dois aussi féliciter ce parti qui a soutenu les étudiants malgré l’ambivalence de leurs positions. Il serait intéressant que, pour une fois, ou un mandat, les militants de ce parti fassent preuve de solidarité envers ce qui est voté dans les instances. Dans une démocratie, il faut transmettre notre opinion, la défendre, mais au bout du compte, lorsque c’est voté, il faut faire preuve de solidarité et se rallier à la position de la majorité. Il faudra que ce parti nous démontre qu’il ne tient pas seulement par la mince fibre souverainiste, mais aussi qu’il peut former un bloc qui fera tout pour faire face à la majorité de la chambre. Deux mentions spéciales : Léo Bureau-Blouin, le plus jeune député élu à l’assemblée nationale et pour l’ensemble de son oeuvre; Jean-François Lisée qui s’est rendu dans une activité de Legault et qui a osé lui poser une question face à ses sympathisants, c’est ce que j’appelle faire de la politique autrement. Dans l’ensemble, nous venons de vivre la première manche d’une joute qui va durer quelques années. Le système du bipartisme ne fonctionne plus au Québec, il faut donc arrêter de souhaiter y revenir. Il est temps que les partis commencent à travailler ensemble. Qu’y aurait-il de mal à avoir un gouvernement de coalition regroupant plusieurs partis? Avant de faire cela, il faudra absolument que notre mode de scrutin soit changé. Je ne sais pas quelle serait la meilleure option, mais le système par majorité ne fonctionne tout simplement plus. Par contre, et ce message s’adresse à tous les partis, vous devez absolument vous unir contre le gouvernement de Stephen Harper qui est en train de démolir tout ce que j’aime du Canada. (…) Nous vivons dans un endroit où il fait bon vivre, tentons de le conserver. Et ceci se fera par la collectivité au lieu de l’individualisme.

Jean-Simon Carrier Enseignant au secondaire à Saint-Hyacinthe -30-

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