18 juin 2020
Carte blanche
Impro
Par: Christian Vanasse
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Enfin! On peut sortir à l’intérieur! À condition d’être moins de 50 et… d’avoir un bon « tape » à mesurer. Immobiles, sans parler, rire ou applaudir, c’est 1,5 mètre de distance. Sinon, 2 mètres. Moins de 16 ans? Possible d’être à 1 mètre (mais toujours à 2 d’un adulte) et de former une bulle de 4 à 6 personnes, mais à 1,5 mètre d’une autre bulle. Sauf dans une résidence privée où on garde le 2 mètres avec moins de 10 personnes de 3 adresses différentes.

Vous suivez? Pas trop proche, svp.

Mais rassurez-vous, de nouvelles mesures seront annoncées bientôt et tout va encore changer. Et ça en agace plusieurs. Tellement qu’on accuse les autorités d’improviser, on a même caricaturé des politiciens dans un chandail de la Ligue Nationale d’Improvisation (LNI). En tant que membre de la prestigieuse LNI, je tiens à préciser ceci : c’est très insultant. Nos impros sont bien mieux préparées et ça vous coûte moins cher pour les voir. Hein? Préparées? En quelque sorte. Je m’explique : l’improvisation théâtrale n’a jamais été de « faire n’importe quoi ». C’est une discipline à part entière qui repose sur une pratique rigoureuse et régulière.

La majorité du travail se fait en amont par l’écoute, l’écoute et encore l’écoute. Ça permet de prévoir, connaître et reconnaître les situations avant même de mettre le pied sur scène. En fait, un bon improvisateur improvise peu. Il écoute, analyse et agit en fonction de l’histoire. Sinon, il cabotine et fait « n’importe quoi » devant des situations qu’il ne comprend ni ne maîtrise. Pas grave dans une salle de 50, mais moins drôle devant 8 millions de personnes.

À vous de juger la performance des autorités. Mais peu importe, celles-ci pourront s’encourager, comme à la LNI après une mauvaise performance : « On se reprendra en 2e ! ».

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