13 octobre 2011
Forum-2020 livre une étude
Incompréhension entre employeurs et immigrants
Par: Le Courrier
Forum-2020 a lancé sa nouvelle formule de rencontres, les 5 à 7 h « Jeunes Maskoutains venus d'ailleurs ». Les premiers résultats de la recherche ont été présentés lors de la première édition de l'activité.

Forum-2020 a lancé sa nouvelle formule de rencontres, les 5 à 7 h « Jeunes Maskoutains venus d'ailleurs ». Les premiers résultats de la recherche ont été présentés lors de la première édition de l'activité.

Le Forum-2020 a déposé les premiers résultats d’une étude sur la compréhension entre employeurs et immigrants à l’échelle maskoutaine. Les informations recueillies démontrent une incompréhension qui se manifeste dès les entrevues d’embauche.

L’organisme financé par Service Canada a rassemblé plusieurs témoignages anonymes d’employeurs et de citoyens immigrants afin de cibler les différents présents sur le marché du travail.

Candidat immigrant versus employeur

Pour engager un travailleur immigrant, le patron exige souvent un diplôme québécois ou une équivalence reconnue par le gouvernement québécois. L’étude vient poser un bémol, plusieurs immigrants font reconnaître leurs études sans toutefois obtenir de succès. « Les employeurs québécois ne reconnaissent pas les diplômes. Même s’il y a l’évaluation comparative du Ministère », raconte un témoignage du camp des nouveaux arrivants.

La liste de remarques est longue. Les entreprises demandent une adaptation au niveau de la perception du temps. « Plusieurs immigrants n’ont pas le même sentiment de prise en charge du dossier du client. Ici, au Québec, on s’occupe personnellement d’un dossier très rapidement », explique un témoignage de patron. Certains employeurs sont aussi mal à l’aise face à la vision hiérarchique, jugée trop prononcée, des travailleurs issus de la population immigrante. Les dirigeants demandent fréquemment une première expérience sur le marché québécois, qu’elle soit dans le domaine visé ou non. « Ils doivent donner l’heure juste et toutes les informations en ce qui concerne leur bagage. Ils doivent se montrer comme ils sont », exprime un témoignage du camp employeur en ajoutant que les compagnies n’engagent pas que des compétences, mais des personnes aussi.Encore une fois, du côté des immigrants, on hésite avant de se montrer comme on est. Certaines personnes cachent leur expérience pour s’accrocher à un emploi à la suite d’entrevues infructueuses. « Mon conjoint a un doctorat. Mais sur son CV, il doit réduire ses diplômes voire même les enlever parce qu’il est surqualifié », raconte un extrait tiré de l’étude.

De l’espoir au découragement

Le français est considéré comme un facteur de difficulté pour les nouveaux arrivants. « Les personnes exagèrent, c’est vexant. On nous parle comme à des handicapés mentaux. » Des immigrants ont même rapporté que dès qu’ils parlent et que les employeurs remarquent leur accent, certains se mettent à parler très lentement, pour les ridiculiser.

L’étude évoque aussi la difficulté qu’ont certains Maskoutains d’origine étrangère à retrouver un train de vie de qualité. « C’est très long pour arriver là où tu étais dans ton pays d’origine. Ça prend des années. »Même eux sont découragés par les promesses non tenues au niveau du gouvernement. Forum-2020 vient de mettre sur pied une nouvelle formule de rencontres entre employeurs et candidats immigrants sous forme de 5 à 7 h. « L’activité a été un véritable succès et il y a eu des embauches », estime la directrice générale de l’organisme, Ana Luisa Iturriaga.

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