15 août 2013
Infiniti Q50, belle et mature
Par: Marc Bouchard

Depuis quand, me direz-vous, peut-on qualifier de mature une voiture qui en est à ses tout premiers balbutiements comme c’est le cas de la nouvelle Infiniti Q50? Simplement parce que dans les faits, et même si elle est totalement différente, elle est la véritable descendante de la G37 acclamée par les critiques au fil des ans.

Comme la Q50 est aussi la première de la nouvelle génération de Infiniti, qui applique non seulement les nouvelles nomenclatures, mais aussi la nouvelle philosophie de design, la marge d’erreur était mince pour le constructeur japonais.

Style raffiné

La nouvelle Q50 a du chien, il faut l’admettre.

Son museau plus prononcé que jamais, ses épaules de roues arrondies et la ligne de caisse divisée en trois vagues (concrètement, si on la regarde de côté, on verra l’équivalent d’une première vague au capot, une seconde dans la portière, et une troisième dans la partie arrière) ainsi que les blocs optiques allongés faisant désormais partie de la signature de la famille, lui confèrent une allure plus dynamique et plus athlétique. Sans compter la calandre, plus raffinée que jamais, qui vient confirmer le lien génétique avec les autres modèles. Et elle conserve la même taille, ou presque, que sa prédécesseure, à 33 mm près.L’habitacle est lui aussi spectaculaire. Outre le confort des sièges (ajustables comme il se doit dans toutes les directions), il faut noter l’exceptionnel design d’un modernisme unique. Le tableau de bord est lisible et clair, mais ce sont les deux écrans d’affichage logés au coeur de la console centrale qui attirent le regard.Deux direz-vous? Oui, deux, rien de moins. Et deux écrans aux fonctions totalement différentes. Ainsi, celui du haut agira plutôt comme l’écran standard que vous connaissez bien. Il affiche les cartes de votre système de navigation par satellite, et toutes les autres fonctions inhérentes à l’ordinateur de bord, incluant les commandes de climatisation et audio, comme il se doit.Quant à l’écran du bas, il fait partie des nouveautés exclusives à l’Infiniti Q50. Il s’agit littéralement d’une tablette numérique aux fonctions tactiles équivalentes à votre tablette domestique. Pour l’instant, elle n’abrite que quelques fonctions, surtout au Canada, et vous pourrez y naviguer sur Facebook par exemple (grâce aussi aux commandes vocales évidemment). Mais on souhaite développer des applications Infiniti au cours des prochains mois qui devraient compléter l’offre.Et pour ajouter à la nature technologique de la voiture, précisons que le système de navigation peut recevoir les directives de votre Google map à domicile et effectuer pour vous quelques recherches. Dans les faits, le mot ordinateur de bord vient de prendre une tout autre signification.

Moteurs et consommation

Avec l’Infiniti Q50 arrive un nouveau moteur V6 de 3,7 litres. L’appellation vous semble familière? Normal, puisqu’il ressemble à celui de l’ancienne génération, mais on l’a amélioré et allégé, tout en modifiant sa puissance. La Q50 propose désormais 328 chevaux, mais avec une consommation abaissée de façon importante en raffinant notamment l’admission et l’échappement.

Mais l’Infiniti Q50 propose aussi sa version hybride. Pas question ici de miser uniquement sur la descente de la consommation. L’hybride, au contraire, offre une augmentation de la puissance jusqu’à 360 chevaux, tout en conservant sa cote d’économie. Le V6 se joint alors à un moteur électrique qui agit comme support, et parfois comme remplaçant, du moteur à essence.Ici, je dois l’avouer, les avis diffèrent. Lors de notre essai, mon collègue et moi avons ressenti de façon marquée le changement entre le mode électrique et celui traditionnel, mais du côté de Infiniti, on nous affirme que le tout doit être transparent et que la perception est sans doute liée à mon mode de conduite. Étonnant, surtout en tenant compte que pour me rendre à cet essai, j’ai justement conduit un autre modèle hybride de la famille, la M35h, agissant lui de façon tout à fait transparente. Enfin, une vérification s’impose…Notons que dans les deux cas, une boîte automatique 7 rapports est de rigueur et que les Q50 sont offerts aussi avec un rouage intégral ou en version sport qui affiche des suspensions plus rigides et des améliorations aérodynamiques.

Petit diplôme technologique

Attention, pour cette partie du texte, un intérêt marqué pour la technologie est souhaitable. Car la Q50 en est une véritable vitrine. Non seulement la voiture ne se contente-t-elle pas d’être charmante, mais elle est de surcroît intelligente.

Ainsi, comme toutes les voitures de luxe, elle est dotée d’un régulateur de vitesse. Et comme c’est souvent le cas, un régulateur de vitesse intelligent qui garantit la même distance entre vous et la voiture qui vous précède, sans même l’intervention du conducteur. Mais voilà que le système ajoute un radar qui détecte l’action de la deuxième voiture qui précède. Si elle ralentit, vous serez avisé, même si vous ne la voyez pas.Autre technologie d’importance, la Q50 dispose d’un système de détection de changement de voie. Mais non seulement vous avisera-t-elle en cas de déviation, mais elle pourra même corriger la trajectoire elle-même. Tout cela est rendu possible grâce au Direct Adaptative Steering, un système de direction totalement électronique.La direction Infiniti est unique: des activateurs, montés sur le volant, ressentent le moindre changement de direction imposé par le conducteur. Les activateurs envoient ainsi un signal électronique qui traverse un des trois processeurs embarqués et qui est ensuite transmis à d’autres activateurs installés aux roues pour une direction précise et rapide. Mieux encore, cela permet d’adapter le type de direction grâce à un ordinateur de bord, augmentant la vitesse de réponse ou la lourdeur de la conduite.Mais c’est en inversant ce processus que la voiture se conduit seule. Armé de radars et de caméras, l’avant de la voiture lit la chaussée et les lignes qui y sont peintes. Ces radars envoient un signal aux activateurs, qui à leur tour font réagir les roues pour les garder en place.La Infiniti Q50 est la première voiture de série à utiliser cette technologie. Et pour plus de sécurité, on a quand même monté à bord une direction plus traditionnelle qui s’active en cas de panne. On n’est plus qu’à un pas de dire « voiture, à la maison ».

Conclusion

Ainsi outillée, on pourrait croire que la Q50 propose une conduite anonyme. Ce qui n’est pas vraiment le cas. Son châssis dynamique, ses suspensions suffisamment rigides et sa direction artificiellement communicative la rendent au contraire plutôt stimulante à conduire.

Vous aurez cependant compris que toutes ces options ne seront pas disponibles sur la version de base offerte à 37 500 $, mais plutôt sur les versions à groupe technologique, un peu plus dispendieuses.Mais après avoir traversé le Massachussetts, le New Hampshire et le Maine, aller et retour, il faut bien l’avouer, la Q50 est une réussite. En fait, on peut l’affirmer sans détour, elle est la meilleure Infiniti à ce jour.

Forces:

– Design fort- Technologie avancée- Moteur souple

Faiblesses:

– Fiabilité à prouver- Espace arrière

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