19 juillet 2012
Omertà
Intrigue facile, mais pas de temps morts
Par: Véronique Lemonde
Steve Bélanger (Patrick Huard) doit faire face aux questions embarrassantes de Pierre Gauthier (Michel Côté).

Steve Bélanger (Patrick Huard) doit faire face aux questions embarrassantes de Pierre Gauthier (Michel Côté).

Déjouer les trafiquants d’or

Je suis sûrement l’une des rares personnes qui n’aient pas suivi la série Omertà dans les années 90, alors que l’on s’entend unanimement pour dire qu’il s’agit d’une des meilleures séries télévisées jamais produites au Québec. Je partais donc voir le film du même nom, toujours réalisé et scénarisé par Luc Dionne, sans attente précise.

Ce canon cinématographique estival a su, au départ, s’accoler à une superbe distribution, ce qui ne manquera pas d’attirer le public dans les salles. Mélange de distribution audacieuse et plus conventionnelle, tout le monde sera curieux de voir René Angélil dans le rôle d’un parrain influent et naturellement peu loquace. Également, les débuts de la belle rousse flamboyante Rachelle Lefevre dans un film québécois, après toute la saga Twilight, ne peuvent qu’être attirants. Pour s’assurer une base solide, Omertà mise également sur les valeurs sûres que sont Michel Côté – qui reprend ici le personnage de Pierre Gauthier de la série initiale -, Patrick Huard et Stéphane Rousseau. Pourtant, au-delà de cette distribution dorée, Omertà ne frappe pas si fort et manque même de mordant par moments.

Déjouer les trafiquants d’or

À l’intrigue de base entachée par la corruption, le blanchiment d’argent et le trafic d’influence, s’ajoute une vaste opération de trafic de lingots d’or truffés de tungstène. Au détour, on fait appel au criminel notoire et meurtrier psychopathe Sam Cohen (Stéphane Rousseau), fraîchement sorti de prison par un concours de circonstances bien intrigant.

À la tête de Pulsar International, l’ex-agent de la Surêté du Québec, Pierre Gauthier (Michel Côté), enquête dans cette mystérieuse affaire qui prend lieu dans un restaurant tenu par Steve Bélanger (Patrick Huard), spécialiste du blanchiment d’argent. Malgré un rythme bien équilibré et un scénario somme toute cohérent, l’intrigue d’Omertà balance entre facilité et prévisibilité. Comme lorsque l’agente double interprétée par Rachelle Lefevre se fait suivre dès le lendemain de son embauche comme directrice au restaurant de Bélanger. On perd donc un peu en suspense en précipitant très souvent les choses dans ce film. Cependant, Omertà offre peu de temps morts, une qualité non négligeable pour un drame policier. Au détriment d’un certain manque de profondeur; on aurait bien aimé en savoir plus sur les dessous torturés de la personnalité de Steve Bélanger, par exemple, ou sur les tenants de la relation de Pierre Gauthier avec sa fille interprétée par Mélissa Désormeaux-Poulin. On frappe droit dans le mille, mais sans intrigue secondaire.Avec un scénario honorable et confortable, une distribution quasi parfaite et une direction photographique impeccable, Omertà a tout de même de quoi faire de l’ombre aux gros canons américains cet été. Sans être majestueux et inoubliable, le film de Luc Dionne ramènera les inconditionnels de la série dans des tranchées connues et appréciées.

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