21 juin 2012
Investissement en Russie :niet disent Olymel et la Coop fédérée
Par: Jean-Luc Lorry

L’entreprise spécialisée dans la transformation de viande Olymel, dont le siège social est situé à Saint-Hyacinthe, réfute les allégations d’un média russe selon lesquelles elle serait sur le point de s’implanter solidement en Russie.

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Selon le site russe d’informations en ligne Dp.ru, La Coop fédérée, propriétaire d’Olymel, pourrait s’impliquer dans la construction d’un vaste complexe pouvant accueillir simultanément 500 000 porcs dans la région de Saint-Pétersbourg. On parle d’un investissement de 500 M$ qui permettrait à Olymel de superviser tous les maillons de la chaîne de production. Un tel complexe serait composé d’une mégaporcherie et d’une meunerie ainsi que d’unités d’abattage et de transformation.Selon ce site Internet qui se définit comme le plus important portail d’affaires couvrant le Nord-Ouest de la Russie, des investisseurs seraient à la recherche d’un terrain d’une superficie de 20 000 hectares pour y implanter ce complexe.

Surprise totale!

Interrogée par LE COURRIER a ce sujet, la direction des communications de La Coop fédérée soutient que les informations diffusées par ce site russe ne sont pas fondées. « Pour le moment, nous n’avons pas de plan d’affaires avec la Russie. Nous y serons peut-être un jour d’un point de vue de transfert d’expertise pour le développement des coopératives et de nos usines », a indiqué Ben Marc Diendéré, directeur des communications à la Coop fédérée, dans un entretien téléphonique.

La direction de la Coop fédérée, qui occupe la première place du marché agroalimentaire au Québec, ignore pour l’instant comment son nom est apparu dans un média russe. « J’essaye de faire ma propre enquête depuis quelques jours. Je veux connaître l’origine de la diffusion de ces informations et demander une rétractation à ce média », a mentionné M. Diendéré. Chez Olymel, on se dit également surpris par cet article publié dans la langue de Tchekhov. « À ma connaissance, Olymel n’a pas d’intérêts dans ce projet. Si l’entreprise avait décidé de réaliser un investissement majeur en Russie, je le saurais », a pour sa part commenté Richard Vigneault, porte-parole d’Olymel. À propos du marché russe, le vice-président des ventes à l’exportation chez Olymel Jeffrey Clarke dressait il y a quelques mois le portrait international de l’entreprise dans une entrevue publiée dans le Coopérateur agricole, le magazine de la Coop fédérée.Il précisait que ce marché était difficile d’accès pour Olymel en raison de la forte concurrence du Brésil.

Capital social bonifié de 100 M$

Ces derniers jours, le Fonds de solidarité FTQ et Capital régional et coopératif Desjardins ont par ailleurs annoncé un investissement de 100 M$ dans le capital social de la Coop fédérée.

Ces deux institutions injecteront chacune 50 M$. Ces montants serviront aux « besoins généraux ainsi qu’au soutien de la croissance de La Coop fédérée ». Dans un communiqué diffusé le 14 juin, le chef de la direction de La Coop fédérée, Claude Lafleur, a indiqué que son entreprise « mettra rapidement à contribution ce nouvel investissement ». Selon le directeur des communications de la Coop fédérée, cette annonce d’investissements majeurs dans son entreprise et la teneur de l’article russe sont une pure coïncidence. Il n’existe aucun lien entre eux, a-t-il dit.Olymel exploite 19 usines au Canada, dont 16 au Québec. L’entreprise exporte ses produits dans une soixantaine de pays et possède des bureaux de vente en Australie, en Corée et au Japon. Dans les autres pays avec qui Olymel fait affaire, comme la Russie, le Mexique ou les Philippines, l’entreprise commercialise ses produits via des maisons de courtage basées en Amérique du Nord.En 2011, le chiffre d’affaires d’Olymel était de 2,3 G$. L’entreprise a une capacité d’abattage et de transformation d’environ 4 millions de porcs par année.

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