14 octobre 2021
Ivan Binet et ses paysages, en rétrospective
Par: Maxime Prévost Durand

Avec l’exposition Voyager du regard, revisiter le paysage, l’artiste Ivan Binet (à gauche) partage des œuvres réalisées au cours des trente dernières années sous la forme d’une rétrospective. On le voit ici en compagnie du commissaire Carl Johnson. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Une rétrospective du travail de l’artiste Ivan Binet, véritable bricoleur de paysages à partir de ses photographies du territoire, lance la nouvelle saison d’Expression, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe. Installée depuis le 2 octobre, l’exposition Voyager du regard, revisiter le paysage sera à l’affiche jusqu’au 23 décembre.
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D’abord produite par la Maison Hamel-Bruneau, à Québec, cette exposition couvre près de trente années de travail, de recherche et de réalisations de la part de l’artiste originaire de l’Ange-Gardien, dans la Capitale-Nationale.

« Elle a été conçue avec l’idée de témoigner des différents corpus d’Ivan », soutient le commissaire Carl Johnson, qui suit son parcours depuis plus de 35 ans.

Pour son passage à Saint-Hyacinthe, l’exposition a par ailleurs été bonifiée par l’ajout de six œuvres issues de deux corpus différents.

Les constructions photographiques d’Ivan Binet sont au cœur de cette rétrospective, bien que certains éléments sculpturaux, réalisés en lien avec sa démarche, y trouvent également leur place.

Dans sa série « Vases et montagnes », particulièrement, le réalisme et l’imaginaire s’entremêlent alors que différents clichés pris de paysages à couper le souffle ont été collés ensemble pour offrir une nouvelle perspective d’un environnement qui n’existe pourtant pas. Sa fluidité vient tromper l’œil et brouiller l’esprit, en même temps d’émerveiller.

D’autres images de son corpus sont pleines et n’ont pas fait l’objet d’un collage, amenant ainsi à se questionner, à savoir si on se retrouve devant un paysage construit ou existant. L’environnement n’est d’ailleurs pas forcément nommé dans ses œuvres, bien que l’on puisse parfois le reconnaître.

Comme les œuvres qui sont rassemblées au sein de cette exposition ont été conçues sur une longue période de temps, les techniques utilisées pour les créer ont évolué au rythme des avancées technologiques. Certaines photographies datent donc de l’ère prénumérique, comme dans la série « Répertoire d’horizons », où ces impressions panoramiques réunissent parfois plusieurs clichés d’un même paysage en jouant sur la symétrie et l’horizontalité.

Une autre série d’œuvres, qui consiste en de gros plans de la glace qui s’était formée au Parc de la Chute-Montmorency, donne carrément une impression de peinture même s’il s’agit de photographies argentiques. Les jeux de lumière et la technique adoptée offrent un aspect « pictural et esthétique ».

Bien que l’exposition soit une rétrospective d’Ivan Binet, ses œuvres n’ont pas pour autant été placées en ordre chronologique dans l’espace d’Expression. Elles sont plutôt réunies par thématique, allant de la nature à l’eau, en passant par le déplacement. Cette façon de procéder a permis de mettre en lumière les « aller-retour » qu’a pu faire l’artiste au fil des années dans ses corpus. « Ça fait en sorte que les œuvres dialoguent entre elles, avec une approche formelle et semblable », souligne Carl Johnson.

Une section de l’exposition a également été consacrée aux œuvres d’art public réalisées par Ivan Binet au fil des années. Cette autre part importante de son travail d’artiste est présentée sous la forme d’une vidéo où l’on voit défiler des images de ses seize projets issus de la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement du Québec.

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