28 mars 2013
J’ai pas le goût de sourire
Par: Martin Bourassa
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Les dirigeants de la Ville de Saint-Hyacinthe et de la Société d’agriculture de Saint-Hyacinthe ont le sourire fendu jusqu’aux oreilles depuis une bonne semaine déjà. Ils viennent de ratifier une entente historique qui profitera aux deux organisations. Une entente gagnante-gagnante comme on dit.

Elle prévoit un échange de terrains et de propriétés entre la Ville et la Société et annonce une série de travaux sur le site de l’Exposition agricole. Elle met surtout la table à la prise en charge de trois glaces sur quatre par un promoteur privé, en l’occurrence la firme Syscomax. Et tout le monde il est content. À commencer par la Ville, qui reluque la manne, à savoir un investissement de 15 M$. La Société d’agriculture n’est pas en reste, elle qui pense avoir maintenant tout en main pour assurer son avenir. Cette entente profitera peut-être aux deux organisations, c’est vrai.Mais j’aimerais avoir la conviction qu’elle profitera surtout aux Maskoutains, aux joueurs de hockey, petits et grands, et aux patineuses artistiques ou de vitesse.Rien de ce que j’ai vu ou entendu jusqu’ici dans ce dossier ne m’a convaincu de ça. Je vais donc continuer de faire la baboune encore un peu. Je pense encore qu’on regrettera un jour d’avoir succombé au chant du privé.Au chant du premier promoteur venu par-dessus le marché. Même si les promoteurs d’expérience ne sont pas légion dans ce domaine, la conseillère Sylvie Adam avait raison de souligner qu’il aurait été plus avisé de faire jouer le jeu de la concurrence et de procéder par appel d’offres public, question de s’assurer d’avoir l’offre de services et de partenariat la plus avantageuse possible pour la Ville.J’ai comme l’impression qu’en fin de compte ce sera le promoteur le grand gagnant, celui à qui la Ville versera des frais annuels de location de glace de 1 M$ indexés pendant 60 ans. Je le soupçonne d’avoir lui aussi le sourire fendu jusqu’aux oreilles.Les prochains mois nous en diront long sur le sérieux de cette affaire.A-t-on évalué avec attention l’impact que provoquera l’aménagement d’un méga complexe à trois glaces sur le site déjà fort achalandé, au coeur d’un quartier résidentiel et à proximité du centre hospitalier Honoré-Mercier? J’aimerais le croire.En tout cas, j’aurais bien aimé entendre le conseiller David Bousquet discourir sur ce dossier quand le conseil a entériné l’accord de principe entre la Ville et la Société.Mais il brillait par son absence. Une rare absence, sans aucun doute motivée, mais une absence qui tombait bien mal vu l’importance du dossier. Il faut dire qu’il se retrouvait dans une bien drôle de situation, lui qui siège à la fois au conseil de ville et au conseil d’administration de la Société d’agriculture. C’est quand même vers lui que les résidants du secteur se tourneront si la nouvelle dynamique du quartier provoque plus d’inconvénients que d’agrément. Bon encore faut-il qu’il soit réélu comme conseiller du quartier en novembre prochain me direz-vous. Ou bien comme maire… S’cusez là, je voulais terminer sur une note humoristique pour vous faire sourire vous aussi!

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