13 juin 2013
Jasette avec Sylvie Roy
Par: Martin Bourassa

La députée Sylvie Roy était de passage à Saint-Hyacinthe récemment pour prendre le pouls des militants adéquistes locaux et des dossiers et des enjeux qui animent la région. L’occasion étant trop belle, je me suis donc attablé quelques minutes avec elle pour parler de notre Cité de la biotechnologie.

Celle qui s’est fait connaître de tout le Québec comme étant la toute première politicienne à réclamer une commission d’enquête sur l’industrie de la construction a été fort étonnée d’apprendre que notre Cité avait accordé un contrat de 14,6 M$ sans appel d’offres public pour la construction du centre de développement pharmaceutique et qu’elle s’apprêtait à en faire autant pour un contrat de 4 M$ pour la construction des locaux de la société Zenith Lab. En moins d’un an, on parle de 18 M$ en contrats de construction, cautionnés par la Ville de Saint-Hyacinthe, qui ont échappé au regard du public, au moment même où les histoires de corruption et de collusion font l’objet de révélations fracassantes et incessantes à la Commission Charbonneau.Prenant soin de peser ses mots, l’avocate de formation et ancienne mairesse m’a expliqué qu’une municipalité ne pouvait faire indirectement ce qu’elle ne peut pas faire directement. En clair, comme la Ville serait contrainte à procéder par appel d’offres public pour attribuer des contrats de cette envergure, elle ne pourrait donc pas se soustraire à cette obligation en confiant à un organisme apparenté le soin d’octroyer de tels contrats à sa place. Est-ce bien le cas à Saint-Hyacinthe? « Je ne connais pas assez le dossier, mon bureau vient d’en prendre connaissance. Je n’ai pas l’habitude de me prononcer sur des dossiers dont je ne maîtrise pas tous les détails. Je vais examiner tout ça et faire travailler mon équipe là-dessus. »Tout se jouerait donc sur les liens entre la Ville de Saint-Hyacinthe et la Cité de la biotechnologie. La seconde est-elle vraiment une créature de la première? Mme Roy est d’avis qu’il serait bon d’avoir l’opinion éclairée du ministère des Affaires municipales sur la question. À son bureau, son personnel a même demandé si l’UPAC avait été saisie de ce dossier. Beaucoup de zones grises subsistent autour de la Cité.Après avoir longtemps soutenu que la Cité était un organisme privé, la Ville vient soudainement de changer son fusil d’épaule et en parle comme d’un organisme ni public, ni privé, mais autonome, à l’image de la Société de diffusion de spectacles (SDS). Sauf que la SDS rend publics son rapport annuel, ses états financiers et procède par appel d’offres public pour octroyer de gros contrats. Ce qui n’est pas le cas de la Cité de la biotechnologie, présidée par le maire Claude Bernier.On comprend mal pourquoi la Ville de Saint-Hyacinthe et le conseil d’administration de la Cité s’obstinent autant à préserver le secret autour de la Cité. Qui a intérêt à ne pas dire publiquement quelles entreprises sont invitées à soumissionner sur ces contrats, sur quelles bases, à quelles conditions et surtout à quel prix elles le font?À la place des prêteurs qui sont impliqués dans les projets de la Cité, je pense à Investissement Québec et la Banque de développement du Canada entre autres, je me poserais de sérieuses questions. Pourquoi entretenir et alimenter ainsi la suspicion et toutes les autres rumeurs entourant les activités de la Cité?C’est plus nuisible qu’autre chose.

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