4 août 2016
Critique
Jason Bourne : le grand retour
Par: Sarah Daoust Braun
Universal

Universal

L’ancien agent de la CIA amnésique, Jason Bourne, signe son retour au cinéma dans un quatrième volet aussi explosif que cuisant d’actualité. Avec ses allusions à la surveillance électronique dans un monde hyperconnecté, le long-métrage se détache nettement des précédents chapitres.

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Il en allait de soi, puisque outre la parenthèse peu mémorable La Peur dans la peau : L’Héritage de Bourne en 2012, on retrouve le personnage campé par Matt Damon presque 10 ans après sa dernière apparition dans La Vengeance dans la peau, sorti en 2007.

En une décennie, il s’en passe des choses, notamment l’affaire Edward Snowden — derrière la révélation au grand public des programmes de surveillance de masse de la National Security Agency aux États-Unis — et trame implicite de Jason Bourne.

De Londres à Berlin, en passant par Athènes et Las Vegas, Jason Bourne tente toujours de survivre et d’échapper à son ancien employeur, l’agence centrale de renseignement américaine, qui veut l’éliminer. Les choses se corsent encore plus lorsqu’il entre en contact avec Nicky Parsons (Julia Stiles) qui travaille pour le pirate informatique et lanceur d’alerte Christian Dassault. À partir de Reykjavik, cette dernière réussit à infiltrer les fichiers hautement classifiés de la CIA et en apprend davantage sur le programme Treadstone, qui a fait de Jason Bourne un tueur implacable. Après la mort de Nicky, c’est Jason qui hérite de ces informations top secrètes qui pourraient lui permettre d’en apprendre davantage sur son passé et son identité antérieure, dont il ne garde aucun souvenir. Du côté de la CIA, il est hors de question que ces fichiers fuissent et soient révélés au grand jour. Une traque est alors lancée par Robert Dewey (Tommy Lee Jones) et Heather Lee (Alicia Vikander) pour retrouver au plus vite leur ancien cobaye.

Matt Damon refait ici équipe avec le réalisateur Paul Greengrass (Capitaine Phillips), qui avait dirigé les deuxième et troisième volets de la saga. Le duo renoue avec les éléments qui avaient fait de la série cinématographique, inspirée des romans de Robert Ludlum, un succès : réalisme, ambiance glaciale, taciturnité du personnage de Bourne — qui a à peine une trentaine de répliques.

Mais c’est surtout le scénario, écrit par Paul Greengrass, Matt Damon et Christopher Rouse qui permet au long-métrage de se démarquer des autres films d’action conventionnels. Avec ses références au droit à la vie privée, au développement exponentiel des technologies de la communication, et à la surveillance électronique et informatique, Jason Bourne s’inscrit profondément dans l’ère du temps. L’intrigue principale, en apprendre davantage sur le passé du protagoniste à la mémoire défaillante, n’est pas pour autant négligée.

Bien entendu, le film tire également sa force de la présence très physique de Matt Damon dans la peau du tueur à la grande froideur.

Même si cette nouvelle suite s’étire un peu en longueur, on ne regrette pas le retour de Jason Bourne, qu’on retrouve avec plaisir.

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