1 décembre 2011
Nissan Leaf
Je l’aime mais…
Par: Marc Bouchard

Difficile de dire que je n’aime pas la Nissan Leaf. Comment, en effet, ne pas aimer ce petit véhicule (en fait pas si petit) aux propriétés technologiques tellement avancées. Mais cet amour pour un nouveau principe, et surtout pour une technologie qui peut nous faire autant économiser, ne doit pas pour autant m’aveugler : elle est loin d’être parfaite, et une semaine passée à son volant me l’a abondamment prouvé.

Réglons d’abord la chose tout de suite : je ne suis pas du tout la clientèle visée par la petite voiture. Traditionnellement, les Leaf toutes électriques visent d’abord des jeunes adultes (disons plus jeune que moi, bien que cela commence à être moins jeune), totalement urbains, possédant un autre véhicule pour leurs besoins réguliers, et capables d’investir quelques dollars de plus pour la mise en place de leur borne de rechargement,

Si vous ne répondez pas à ces qualités, il y a de fortes chances que la Nissan Leaf, aussi agréable soit-elle, ne réponde pas du tout à vos besoins. Rien de plus simple…

Style et couleur

Des goûts et des couleurs, on ne discute pas, dit le proverbe. Ce qui est exactement le cas de la Nissan Leaf. Son style est certes aérodynamique, mais un tantinet étriqué au premier regard avec ses phares proéminents. Il est vrai qu’ils sont chargés de fendre l’air pour en diminuer la friction et le bruit, mais le style ne plaît certainement pas à tout le monde,

Même l’intérieur, très moderne, n’est pas destiné à tout le monde. Il faut avoir un petit côté « geek » ou vraiment mordu d’ordinateur pour l’apprécier à sa juste valeur. Ceci étant dit, la Nissan Leaf a certainement du charme quand on la regarde, et des aspects pratiques définitifs dans le design. L’espace intérieur, par exemple, est étonnant pour une petite voiture. Bien entendu, l’espace cargo est imité par la présence d’un convertisseur et de batteries, ce qui empêche de tout replier à plat. Sachez quand même que l’épicerie de la petite famille y rentre sans même demander de savants calculs.

Mais parfois les calculs…

En revanche, il faut bien avouer que la petite Leaf exige de savants calculs pour qu’on l’apprécie. Non pas dans sa conduite, qui se rapproche à s’y méprendre à des voitures de même taille. En fait, dans certains cas, elle s’y compare même avantageusement.

Mais là où le bât blesse, c’est dans l’autonomie. Il est vrai que l’on est prêt à bien des sacrifices pour s’éviter un passage à la station-service, soutirant 100 $ de nos poches à chaque fois. On se sent un peu l’âme d’un missionnaire quand on roule en silence (ou presque) troublé uniquement ou presque par le roulement des pneus sur la chaussée. Cependant, quand on regarde le cadran de l’autonomie, la situation change et le conducteur comblé que j’étais s’est vite transformé en version humaine de Google map, calculant sans arrêt la trajectoire la plus courte pour me rendre à destination. Car même si 160 km peuvent sembler long, ils s’effacent assez rapidement. Puisque j’ai testé à Leaf dans la neige, il faisait froid. Petite pression sur le bouton de chauffage, et l’indicateur d’autonomie a fait un bond vers l’arrière remarquable, passant de 160 à 131 km. Puis, après avoir roulé quelque peu à Montréal, retour vers la maison à Saint-Hyacinthe. J’avoue avoir passé plus de temps à calculer la bonne vitesse qu’à apprécier les trajets. Et ma première randonnée s’est terminée par une nervosité grandissante, une bonne dose de sueur… et un arrêt à la maison avec 4 kilomètres de disponibles. Avec une voiture à essence, je me serais rendu au garage, sans plus. Mais avec la Leaf il m’a fallu attendre près de 18 heures pour atteindre la recharge complète.

En résumé

C’est vrai, au bout d’une semaine, j’en avais presque des brûlements d’estomac, et je calculais tous mes déplacements. Du même coup, mon beau-frère, qui a eu la gentillesse de rapporter la voiture en mon absence, a bien tenté de la recharger en entier. Mais comme il demeure à Montréal, en appartement, et qu’il doit vivre avec les stationnements sur rue, il s‘est avoué vaincu et a fait comme moi : il a roulé doucement, le cellulaire sur les genoux avec le numéro d’assistance routière bien en évidence. Charmante la Leaf? Définitivement au point? Pas encore, je dirais. Du moins, pas pour quelqu’un qui, comme moi, doit faire quelque 100 km par jour.

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