11 octobre 2012
Jean-Robert Drouillard : l’homme et la bête
Par: Le Courrier
L'artiste Jean-Robert Drouillard présente l'exposition <em>Nous étions humains</em> dans le cadre d'<em>Orange</em>, évènement d'art actuel de Saint-Hyacinthe, jusqu'au 28 octobre à l'ancienne Ressourcerie.

L'artiste Jean-Robert Drouillard présente l'exposition Nous étions humains dans le cadre d'Orange, évènement d'art actuel de Saint-Hyacinthe, jusqu'au 28 octobre à l'ancienne Ressourcerie.

Imprégnées du conte et de la fable, les oeuvres de l’artiste Jean-Robert Drouillard, originaire de Gaspé, mettent en scène des sculptures grandeur humaine qui incarnent la fusion entre l’homme et l’animal. Dans le cadre d’Orange, évènement d’art actuel de Saint-Hyacinthe, il présente l’exposition Nous étions humains, jusqu’au 28 octobre, à La Ressourcerie.

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Après des études en littérature et en création littéraire, Jean-Robert Drouillard croyait devenir auteur. Bien qu’il se soit dirigé vers la sculpture, la littérature occupe toujours une place importante dans ses projets reconnus pour les histoires silencieuses qu’ils mettent en scène.

Avec des sculptures de bois qui incarnent la fusion entre l’homme et l’animal, l’exposition Nous étions humains présente les similarités qui existent entre ces deux êtres vivants, plus précisément les concepts de la famille et du clan. Cette idée lui est venue, il y a quelques années, alors qu’il habillait un de ses personnages d’un crâne d’ours. « La réflexion à notre rapport à l’animalité a suivi et s’en est dégagé une poésie tournée vers la nature », explique Jean-Robert Drouillard. Et cette idée a fait boule de neige. En habillant ses personnages en animal, le conte et la fable se sont imposés dans les oeuvres de l’artiste. « Une fois, j’ai déguisé un de mes personnages en renard à cause du conte du Petit Prince, avance-t-il. Cela m’a amené à faire un corbeau pour la fable Le Corbeau et le Renard. Et j’ai eu le réflexe de recommencer dans les oeuvres suivantes », relate-t-il.Mais l’autoreprésentation, qu’il compare à l’autofiction en littérature, occupe également une place importante dans la démarche de Drouillard. Parce que c’est en utilisant sa famille et lui-même pour modèles que l’artiste a eu l’idée de faire écho aux concepts de la famille et du clan. L’exposition Nous étions humains ne raconte pas d’histoire précisément. Mais plusieurs scénarios possibles. Elle présente un mulet, deux louves et un jeune cerf. Le mulet fait référence au conte Peau d’âne et offre une carotte à une louve. Mais cette dernière ne s’en préoccupe pas et se place en position de confrontation avec le mulet. La seconde louve est aux côtés de la première, tandis qu’un jeune cerf se tient à l’arrière du mulet avec une pomme sur la tête pour faire référence au conte de Guillaume Tell. Selon l’artiste, c’est la complexité de l’oeuvre qui en fait sa réussite. « Moi-même je suis étonné de ce qui sort de cette oeuvre, avance-t-il d’un ton de voix amusé. Je pensais aller dans quelque chose de plus impliquant pour le spectateur et une sorte d’humour s’est finalement installée. Mais j’aime que cela soit ambigu. Si tout cela était clair, ce ne serait pas intéressant. »« Ce que je recherche ultimement à travers la mise en scène, c’est que mes personnages ne s’essoufflent pas. Le cerf, par exemple, même s’il est situé à l’arrière, il s’agit, pour moi, du personnage le plus important de l’histoire. On sent qu’il a une âme, mais on ne sait pas pourquoi il apporte cette énergie-là », conclut-il.

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