5 avril 2012
Jérôme-Adolphe Chicoyne, vous connaissez? (3)
Par: Le Courrier

En 1882, J.A. Chicoyne fut président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Sherbrooke. Cependant, ses occupations le retinrent à Mégantic et il ne put continuer à participer à cette société.

En 1882, J.A. Chicoyne fut président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Sherbrooke. Cependant, ses occupations le retinrent à Mégantic et il ne put continuer à participer à cette société.

Durant ce temps, à titre de directeur général de la Compagnie de Colonisation et de Crédit des Cantons de l’Est, J.A. Chicoyne fit construire un moulin à scie, un moulin à farine et un magasin général, tous établis à Mégantic, à la tête du lac, tout près de la voie ferrée, c’est ce qu’on appelait les Moulins Nantais. À Woburn, Channay comme on l’appelait au début, il installa quelques colons français et belges et c’est de là que les opérations forestières étaient faites; par la suite, le bois était acheminé à la scierie de Mégantic. J.A. Chicoyne ne fut pas un homme d’affaires de haut calibre et les finances de la compagnie n’allèrent pas toujours comme il le souhaitait. De plus, les Français de Nantes, les Bécigneul surtout, qui avaient été envoyés pour aider J.A.Chicoyne, ne furent pas toujours d’accord avec lui et finalement l’accusèrent de frauder la compagnie. Par trois fois, en 1881, 1882 et 1885, J.A. Chicoyne dut se rendre à Nantes, en France, pour se défendre et rétablir les faits. Finalement, en juillet 1885, J.A. Chicoyne démissionna de la compagnie qui fonctionna tant bien que mal jusqu’en 1893, moment où elle a dû déclarer faillite.Toujours à Mégantic, aux élections municipales de janvier 1886, J.A. Chicoyne fut choisi maire. Il devenait le deuxième maire de Mégantic. Toutefois, il ne le sera pas très longtemps puisque dès le mois d’avril il revint rejoindre sa famille à Sherbrooke, quittant définitivement Mégantic.Lors de son retour à Sherbrooke, il revint à ses anciennes amours : le journalisme et la politique. C’est ainsi que, du mois de mars 1886 au mois d’avril 1889, il s’occupa du journal Le Pionnier à titre de directeur et de rédacteur. En même temps, il fonda le journal La Colonisation qui était une petite revue subventionnée par Ottawa, destinée à faire connaître le Canada dans les pays européens. Il la dirigea jusqu’en 1896. En 1887-1888, il fit construire une bâtisse de quatre étages, sur la rue Marquette, dans laquelle en plus d’y déménager sa famille, il y installa le journal Le Pionnier qui dorénavant y serait imprimé. On y trouvait aussi le bureau d’affaires de la revue La Colonisation. J.A. Chicoyne fut toujours membre du Parti conservateur et, à partir de 1867, il participa activement à toutes les campagnes électorales. Dès son arrivée à Sherbrooke, il prit part à toutes les activités du parti et, de 1879 à 1891, il présida le club Cartier de Sherbrooke, un club politique dévoué au Parti conservateur.En tant que résidant du quartier du Centre, J.A. Chicoyne se présenta à plusieurs reprises aux élections municipales de Sherbrooke, en tant que conseiller. En 1890, ayant gagné ses élections, il fut choisi maire de Sherbrooke. Ce fut son premier mandat d’un an. En 1892, de nouveau il fut choisi maire et il compléta son deuxième mandat, aussi d’un an.Dans l’édition du 13 novembre 1891 du journal Le Pionnier, J.A. Chicoyne rapporta la tradition orale qui entourait l’îlot, ou rocher, de la rivière Saint-François sur lequel on voyait un pin solitaire. C’est lui qui découvrit la source de cette tradition abénaquise et, après bien d’autres recherches, il publia, en août 1897, un long article sur le sujet dans le Bulletin des Recherches Historiques de Lévis. C’est donc à J.A. Chicoyne que nous devons de connaître l’histoire du Rocher au pin solitaire. « C’était en février 1692, mois particulièrement sévère, força les Iroquois à agrandir leur territoire de chasse. Ainsi, une troupe d’Iroquois se retrouvèrent face à face avec les Abénakis au confluent des rivières Magog et Saint-François. Les forces en présence étaient égales. La bataille était inévitable, mais on convint de part et d’autre de s’en rapporter à un combat singulier. Il fut arrêté qu’un guerrier de chaque nation devrait courir autour du rocher jusqu’à épuisement. Le vainqueur à la course aurait droit de tuer son adversaire, ce qui déciderait de la victoire entre les deux armées. Ce fut l’Abénaquis qui l’emporta et qui eut l’honneur de massacrer l’Iroquois, auquel les forces avaient manqué le premier. »En 1913, le pin solitaire fut frappé par la foudre. Maintenant, on retrouve une croix illuminée sur ce rocher.

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