9 janvier 2014
Héros du jeudi
Jérôme Desrosiers
Par: Maxime Prévost Durand

Jérôme Desrosiers n’a plus vraiment besoin de présentation. Ce grand gaillard de 6’6″ se veut un modèle pour tous les jeunes joueurs de basketball de la région maskoutaine par sa détermination et sa passion qui l’ont mené jusqu’à joindre cet automne les rangs de l’un des plus prestigieux programmes de basketball dans les High Schools américains, à l’école Northfield Mount Hermon, au Massachusetts.

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Tu es le seul freshman (joueur de première année) de l’équipe composée de 13 joueurs. Est-ce que ça vient avec une certaine pression?

C’est certain que c’est impressionnant de jouer avec des gars plus gros et grands, mais en même temps, je suis fier parce que c’est moi le plus jeune et que lorsque je joue contre eux, je suis capable de compétitionner. L’entraîneur sait évidemment que je suis un freshman, mais il va toujours me pousser pour que je joue comme un gars plus vieux. Il me dit toujours « Ce n’est pas important que tu sois un freshman ou non, si tu es capable de dépasser un junior ou un sophomore, fais-le et je te ferai jouer ». Je vois ça comme un défi plutôt qu’une pression.

Ton entraîneur, John Caroll, est avec NMH depuis 2001. C’est comment de travailler avec lui?

C’est le meilleur entraîneur que j’ai vu. Il a ses façons de faire et ça fait déjà plusieurs années que ça fonctionne. Sa façon de penser est « Je ne vais pas travailler plus fort que vous, parce que c’est vous qui allez gagner, pas moi ». Quand il coache, il est assis et il nous regarde. Il ne fait que nous dire quel jeu exécuter. Il ne va jamais crier plus fort que nous. Il nous dit de ne pas avoir des attentes au-dessus de la réalité, sinon c’est là que tu échoueras. Il est très strict et il faut que tu l’écoutes, mais il est vraiment bon et on voit les résultats. (Les Hoggers de Northfield Mount Hermon sont invaincus cette saison en huit sorties.)

Ta progression depuis le début de cette aventure aux États-Unis en septembre, elle ressemble à quoi?

Mon lancer est meilleur, mon drible aussi, j’ai pris du poids, puisqu’on s’entraîne souvent. Il y a une grande amélioration au niveau de mon lancer de trois points, lequel je voulais travailler au cours de l’été, ainsi que sur mes lancers francs, que je ne rate pratiquement plus.

Comment compares-tu le niveau de jeu auquel tu étais habitué au Québec à celui des États-Unis?

C’est incomparable! On a joué contre le Collège Vanier et le Collège Champlain St Lambert, on les a battus par 30 points. Quand j’étais au Québec, si je n’avais pas la chance d’aller aux États-Unis, je me disais que j’aimerais jouer pour eux. Et là, en jouant contre eux et en les battant par 30 points, j’ai réalisé que c’est vraiment fort aux États-Unis. Les gars sont gros et grands, des 6’10 » et 7’0″. C’est un mélange de rapidité, de stature et de talent qui fait que c’est aussi fort. On joue toujours au basket là-bas.

Ton rôle dans l’équipe?

Je ne fais pas encore partie du « starting five », les plus vieux y sont. Mais je suis le sixième joueur, donc le premier à sauter sur le terrain pour un remplacement. Pour un freshman, c’est très bon. Des fois, les freshmen ne jouent pas du tout. J’ai compris que lorsque tu es freshman, ce n’est pas toi la vedette ou le meilleur joueur. Il ne faut pas que tu en fasses trop, mais il faut que tu t’impliques quand même. Tu n’es pas obligé de cumuler 35 points par partie. Tu dois surtout faire tout ce que l’entraîneur te demande. Tu fais un peu la job sale, ce qui n’est pas l’fun à faire, comme prendre des rebonds. Mais tu dois y aller pour mériter ton temps de jeu.

La chose qui t’a le plus marqué à ton arrivée aux États-Unis?

Au niveau du basket, je n’en revenais pas à quel point les joueurs sont imposants, grands et gros. Souvent, un gars de 7’0″ est plus lent, mais là-bas, ils agissent comme des joueurs de 6’2″. Ils sont rapides et intelligents. À l’école, c’est surtout la gentillesse qui m’a frappé. Tout le monde se salue, même si on ne se connaît pas.

Pas trop difficile les cours en anglais?

La première semaine, il y a eu une adaptation à faire, c’est évident, mais mon anglais s’est ajusté. Des fois ils n’articulent pas (!), mais je me suis habitué. Après ça s’est bien déroulé. En mathématiques par exemple, j’ai pris un cours dans lequel je savais que j’allais être bon. Je reçois de l’aide des autres étudiants aussi au besoin.

Est-ce que les autres te voient comme « le p’tit francophone »?

Non, au contraire, ils trouvent mon anglais très bon, au point où ils oublient parfois que je parle français.

Et toi, tu oublies que tu parles français des fois?

Quand je reviens au Québec, la première journée je cherche souvent mes mots. J’ai pris quelques tics aussi, je dis souvent « I mean » ou des « You know », mais ça ne me dérange pas.

La chose que tu attends impatiemment à ton retour au Québec?

Mon lit! Parce que j’ai un lit simple là-bas, alors qu’ici j’ai un lit double et qu’il est vraiment plus confortable. J’ai toujours hâte de revenir à la maison, avec ma mère qui cuisine!

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