8 août 2019
Arts visuels
Joffrey Rivard : inspiration animale
Par: Maxime Prévost Durand

L’artiste Joffrey Rivard, qui réside à Saint-Denis-sur-Richelieu, s’inspire des animaux pour partager ses émotions à travers ses peintures. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Pour l’artiste Joffrey Rivard, l’animal est un symbole. Un symbole qu’il utilise dans ses peintures pour partager ses émotions, mais aussi pour conscientiser les gens à leur présence sur notre planète. Déjà présentes au comptoir santé La Vie La Vie, à Saint-Hyacinthe, et aux écluses de Saint-Ours, certaines de ses œuvres seront exposées les 10 et 11 août à la fête du Vieux-Marché, à Saint-Denis-sur-Richelieu.

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Il y a à peine quatre ans que le Dyonisien d’adoption s’est mis à la peinture, mais rapidement il en a eu la piqûre. Après avoir fait ses premières armes avec l’aquarelle, il est passé à l’encre de Chine, porté par la simplicité de la technique du lavis, qui consiste à n’utiliser qu’une seule couleur.

« L’encre de Chine m’apporte beaucoup de bien-être. Dans la recherche de couleur, j’avais l’impression de perdre mon temps, ce n’était pas assez intuitif. Il faut que ce soit rapide et fragile, raconte-t-il dans une rencontre avec LE COURRIER. J’essaie d’aller chercher quelque chose de simple dans le trait et dans l’approche. Je ne veux pas que ça ressemble trop à l’animal parce que je veux qu’il y ait quelque chose qui relate à l’esprit des choses. »

Ainsi, bien que l’on reconnaisse assez facilement l’animal dont il est question dans ses œuvres, chacun est teinté d’imperfections ou de traits étirés qui ne sont pas fidèles à leur forme naturelle. Une façon pour l’artiste de transposer ses émotions, un message. « L’animal est le reflet de comment je me sens », confie-t-il.

Le propos peut être autant personnel que social. Le dessin d’un loup debout, par exemple, signifie pour lui de se lever devant l’urgence climatique, tandis qu’un pingouin recroquevillé représente le fait qu’il n’a pas couvé ses enfants comme il l’aurait voulu. Le renard, le chien, le chat, l’éléphant et la baleine sont d’autres animaux qui lui ont inspiré la réflexion d’une émotion.

« Dans la peinture que je fais, j’essaie d’explorer le côté sacré de l’animal. Je veux que l’animal devienne une espèce de symbole, de métaphore qui peut aller toucher l’intérieur des gens », poursuit l’artiste de 41 ans.

Celui qui est éducateur dans un CPE n’a commencé à exposer que l’an dernier de façon bien modeste. Il n’a d’ailleurs jamais présenté ses œuvres dans une galerie jusqu’ici, mais l’intérêt grandissant des gens à l’égard de son travail le pousse à poursuivre sa démarche.

« Je suis en train de forger mon identité, soutient Joffrey Rivard. Je suis un artiste multidisciplinaire qui veut exprimer sa poésie de plein de façons différentes pour devenir un meilleur être humain et pour savoir qui je suis. Et la peinture est en train de m’enseigner quelque chose d’important en ce moment. »

Après l’encre de Chine, il a commencé à travailler récemment avec l’encre à l’alcool, retrouvant ainsi le côté coloré des choses qu’il peint. « J’avais arrêté l’aquarelle parce que je trouvais que je manquais de puissance dans ma pigmentation, mais avec l’encre à l’alcool, la pigmentation est très riche et la réaction chimique est intéressante. C’est difficile à contrôler, mais en même temps, c’est intéressant parce que ça crée des erreurs. J’apprends à gérer ces erreurs et à les ramener pour que ça ressemble à quelque chose. »

La photo, comme une peinture

Le parcours artistique de Joffrey Rivard l’a amené à explorer différentes facettes de sa personnalité au fil des années, que ce soit à travers la danse, la poésie, le théâtre, la photographie ou même le clown. La profondeur et l’intériorité sont les éléments qui l’allument le plus dans l’art.

La photographie, dont il a même fait son métier à une époque, revient justement au cœur du développement artistique du Dyonisien depuis quelque temps. Une exposition, qu’il a intitulée Là-Corps, est d’ailleurs en préparation et devrait s’installer au Musée national de la photographie de Drummondville dans les prochains mois.

À travers cette série de clichés, il explore l’accord du mouvement du corps dans la danse, dans l’eau, mais aussi dans le quotidien, tout en témoignant du rapport de l’humain avec l’environnement. Il met particulièrement en valeur les silhouettes et les ombres, avec un désir de présenter la photo d’une manière différente.

« Comme la photo est hyper présente partout en ce moment, je veux qu’elle soit considérée comme une œuvre d’art et trouver une façon pour qu’elle ait une texture un peu comme une peinture. […] Les gens font juste enregistrer l’image sur leur téléphone, ils ne vont pas l’acheter, [tandis qu’ils vont acheter une peinture]. J’aimerais arriver à faire la même chose avec la photo. »

Il est possible de voir certaines de ses œuvres, peinture ou photo, en ligne au joffreyrivard.wixsite.com/joffreyrivard ou sur son compte Instagram joffiel22_art.

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