9 janvier 2020
Carte blanche
Jusqu’ici, tout va bien
Par: Christian Vanasse
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« C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de cinquante étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute, se répète sans cesse pour se rassurer : jusqu’ici, tout va bien, jusqu’ici, tout va bien. L’important, c’est pas la chute, c’est l’atterrissage! »

C’est la réplique culte qui ouvre le film de 1995 tout aussi culte de Mathieu Kassovitz, La haine, suivie d’images d’émeutes avec en fond la chanson de Bob Marley, Burnin and Lootin.

J’ai repensé à cette réplique, qui n’a pas pris une ride, en voyant le tweet de Donald Trump après que l’Iran ait balancé une douzaine de missiles sur des bases militaires alliées en Irak sans faire de victimes : « So far, so good. » Jusqu’ici, tout va bien.

Et on dirait que les organisateurs des feux d’artifice australiens qui saluent traditionnellement la nouvelle année se sont dit la même chose. Bah, oui, ça brûle tout autour, mais comme les feux d’artifice auront lieu au centre-ville de Sydney… so far, so good. Jusqu’ici, tout va bien.

Drôle de début d’année quand même. À peine on finit de se la souhaiter bonne et heureuse qu’on s’envoie des missiles sur la gueule pendant que ça sent le koala roussi partout sur la planète. Jusqu’ici, tout va bien. C’est pas nous qui chutons, c’est juste le sol qui monte vers nous très rapidement.

Mais la bonne nouvelle, c’est qu’on n’est pas dans un film. En réalité, la fin n’est pas encore écrite. Et c’est ce que je nous souhaite pour la suite, à tous les jours de l’année. Que nous trouvions l’inspiration pour écrire une meilleure fin à la triste chute du mauvais film qui se déroule sous nos yeux. Comme disait Bob Marley : « Combat le diable avec ce qu’on appelle l’amour ».

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