20 février 2013
La base plutôt que le Sommet
Par: Martin Bourassa
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Le fameux et très attendu Sommet sur l’enseignement supérieur débutera dans une semaine, pour un gros deux jours de travaux.

Deux jours, aussi bien dire presque rien. C’est assez mince pour discuter d’enseignement supérieur. Plutôt l’impression qu’on discutera de tout et de rien.De financement, de sous-financement, de gratuité, d’indexation, de gel et de frais. Un exercice d’abord et avant tout comptable ou de relations publiques pour un gouvernement en mal de majorité et de consensus. Il serait étonnant que l’on y parle de formation et d’évaluation des enseignants et des programmes, de la qualité des diplômes, d’encadrement et tutti quanti. Deux jours, faites-moi rire.Personnellement, c’est davantage l’enseignement inférieur que supérieur qui m’interpelle. Pas inférieur au sens qualificatif, mais inférieur dans le sens de préscolaire et primaire. Avant de penser à former des universitaires à gros frais ou sur le bras, il me semble que l’on devrait s’intéresser d’abord aux nouveaux écoliers. Aux conditions qui permettront un jour aux enfants du Québec de prétendre à des études supérieures.Pour l’instant, on est loin, très loin d’offrir des conditions gagnantes dans nos écoles primaires et secondaires. Des conditions qui permettraient, entre autres, d’enrayer l’alarmant taux de décrochage, particulièrement chez les garçons.Des conditions et des idées pour améliorer l’encadrement des élèves en difficultés d’apprentissage et soutenir la mise à niveau des écoles et des équipements.Il est assez révoltant de penser à la gratuité à l’université quand on ne parvient pas à offrir des conditions d’apprentissage décentes aux élèves du primaire et du secondaire. À Saint-Hyacinthe, l’éducation aux adultes se donne actuellement dans des roulottes de chantier et des élèves de l’école secondaire Fadette n’ont même pas de gymnase.À Montréal, la moisissure ronge des dizaines d’écoles de la CSDM. Idem en Estrie où des élèves d’une école de Windsor ont été relogés pour le reste de l’année dans une école de Magog, située à plus de 40 kilomètres de là. Le problème criant n’est pas à l’université. Il se trouve bien avant.

M.B

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