21 août 2014
La bataille de Ristigouche
Par: Christian Vanasse
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En 1760, en Gaspésie, la bataille navale de la Ristigouche fut l’ultime combat entre la France et l’Angleterre pour la possession du territoire nord-américain après la chute de Québec sur les plaines d’Abraham l’année précédente.

Qualifiée de bataille de la dernière chance par certains historiens, elle scella définitivement le sort de la Nouvelle-France, désormais conquise.

En 2014, dans cette même Baie-des-Chaleurs, le petit village de Ristigouche (sud-est) livre courageusement bataille contre la compagnie Gastem qui cherche du gaz de schiste sur son territoire. La gazière, frustrée que Ristigouche ait voté un règlement municipal pour protéger son eau potable, poursuit le village de 168 habitants pour 1,5 million de dollars. C’est 5 fois le budget annuel de la municipalité.

Devant l’attaque légale de l’ancien ministre libéral et propriétaire de Gastem, Raymond Savoie, le gouvernement de Philippe Couillard ferme les yeux et n’enverra aucun renfort aux citoyens de Ristigouche. Ces derniers ne se font d’ailleurs aucune illusion et ont lancé une campagne de financement publique via le web baptisée Solidarité Ristigouche dont l’objectif est d’amasser les 225 000 $ nécessaires à leur défense devant ce qui a toutes les apparences d’une poursuite bâillon visant à décourager les citoyens d’exercer leur droit le plus fondamental : décider de leur sort.

Il reste encore quelques jours pour contribuer directement sur le site solidariteristigouche.ca afin de permettre au petit village d’affronter son Goliath.

Et si je me permets d’insister, c’est que cette bataille, comme celle de la Ristigouche il y a plus de 250 ans, marquera un tournant dans la lutte à la possession, ou plutôt la dépossession de notre territoire face à des puissances qui convoitent nos ressources. Une défaite scellerait définitivement notre sort devant les corporations.

Ce n’est pas la bataille d’un village, mais celle de tout un peuple.

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