26 novembre 2015
La beauté
Par: Christian Vanasse
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Des semaines comme celles qui viennent de passer, je m’en passerais bien. ­Surtout quand c’est la haine qui spinne dans le tapis, sur tous les tons, toutes les ­tribunes et toutes les plateformes.

La haine des fous furieux religieux qui frappent aveuglément les innocents russes, libanais ou français, peu importe la nationalité ou même la religion. Mais aussi la haine, plus diffuse, plus confuse, notre propre haine envers ceux, peu ­importe leur nationalité ou religion, qui fuient ces mêmes fous furieux.

À force d’entendre et de lire les appels à la vengeance, le bruit des bottes et les chiens de guerre aboyer sur tous les tons et toutes les plateformes j’en venais presque à lâcher prise. À me laisser ­emporter par le courant et dériver…

Le spin médiatique me faisait penser à celui d’une piscine l’été… quand une gang commence à faire tourner l’eau, un moment donné, tout le monde est emporté. À moins de sortir de la ­piscine ou de marcher contre le courant. De résister.

Or, résister à la haine est plus facile qu’on le pense. Bien plus facile que ­briser un spin de piscine. C’est super simple en fait. Il s’agit de bien se planter les pieds au sol, de ne surtout pas plier et de toutes nos forces… faire de la beauté.

Faire de la musique, de la danse, des sculptures, peindre. Faire de l’art. De la philosophie. Rire, chanter, boire et ­partager ces moments de bonheur avec le plus grand nombre, partager et ouvrir nos portes, surtout… car pendant que les assassins semaient la mort dans les rues de Paris, des gens ouvraient leurs portes à ceux qui fuyaient les fous ­furieux. Il faut lutter contre le courant, contre la haine. Ouvrir nos portes, faire plus de beauté et ces enfoirés ne gagneront jamais.

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