25 juin 2015
La bien-nommée­
Par: Le Courrier
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Récemment, nous apprenions que notre Commission scolaire s’apprête à ­déménager dans ses nouveaux locaux ­acquis du Séminaire. Non seulement l’institution plus que sexagénaire que constitue son école Casavant, mais aussi le nom même que portent la bâtisse et son emplacement.

Avec respect, je me permets de faire ­remarquer que ce déménagement sera ainsi entaché d’une triste erreur ­toponymique. L’école Casavant, faut-il le rappeler, fut une école élémentaire avant de devenir l’institution secondaire qu’elle est maintenant depuis de si ­nombreuses décennies. Pourquoi ne pourrait-elle pas à présent devenir une école de formation professionnelle, ce qui assurerait la pérennité des lieux et de leur vocation néanmoins éducative? Ces changements de nom — surtout quand ils sont évitables — ne malmènent-ils pas inutilement notre patrimoine ­historique? Souvenez-vous du tollé récent lorsque l’on a suggéré de changer le nom du pont Champlain : quelle erreur c’eût été!

Une autre école publique, elle aussi ­extrêmement importante historiquement pour les Maskoutains, disparaissait il y a plusieurs années. Il s’agit de ­l’Académie Girouard. Le nom appartient déjà à la Commission scolaire. Pourquoi ne pas faire revivre ce nom d’une si grande résonance plutôt que de ­débaptiser Casavant? Quel heureux ­hasard, la nouvelle école se trouve ­justement… rue Girouard! Celle dont elle a ­acquis les locaux portait aussi une ­partie de ce nom. Et sur le même ­emplacement se trouve aussi une école primaire dont le nom, comme voisin, ­serait en parfaite harmonie : la Petite ­Académie. Imaginez : l’Académie ­Girouard renaît pour ­accueillir les élèves de Casavant et ­rappeler en même temps les origines d’une oeuvre ­d’éducation ­lancée par monseigneur Girouard il y a plus de deux siècles…

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