19 avril 2018
Plume verte
La biodiversité : qu’est-ce que ça mange en hiver?
Par: Le Courrier
Photo de l’une de nos plumetières

Photo de l’une de nos plumetières

Biodiversité : un mot qui, jusqu’à tout récemment, était pratiquement inconnu du public, mis à part des écologistes. Un mot de plus en plus présent à mesure que, paradoxalement, la réalité qu’il représente se rétrécit. 

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Aux Nations unies, l’année 2010 a été proclamée l’année internationale de la biodiversité. Huit ans plus tard, notre MRC vient tout juste d’adopter sa première politique de la biodiversité.

Décrire la biodiversité d’un lieu, c’est d’abord répertorier toutes les formes de vie présentes à cet endroit. En hiver, chez nous, la biodiversité est au minimum : les plantes sont en dormance et la plupart des oiseaux sont partis au sud. Mais sous la couche de neige, la promesse anticipée d’une vie plus animée pourrait nous maintenir endormis dans la croyance que la nature va s’adapter harmonieusement aux pressions que nous lui faisons subir. Or, la menace est réelle, car depuis 1970, 30 % des espèces connues ont disparu.

Les coupables : les pratiques agricoles qui ont été bouleversées dans les dernières décennies par l’arrivée des monocultures intensives et l’utilisation massive de pesticides qui ont décimé les abeilles et autres pollinisateurs. Tout près de nous, dans notre milieu, la rareté des pâturages a entraîné la disparition d’espèces d’oiseaux comme la sturnelle des prés, l’alouette des champs, le goglu, etc. Par contre, de plus en plus d’agriculteurs sont conscients de la problématique et posent des actions concrètes pour rétablir la biodiversité sur leurs terres avec, par exemple, des bandes riveraines élargies qui créent des corridors écologiques.

Il faut bien réaliser que le délicat équilibre des écosystèmes est dépendant de toutes les espèces qui y vivent et les conséquences qui paraissent anodines au départ se répercutent jusqu’à l’humain. Quand les services autrefois gratuits apportés par la nature disparaissent, il faut payer pour les assurer. C’est ainsi, par exemple, que les apiculteurs font aujourd’hui davantage de profits avec la location de leurs ruches pour assurer la pollinisation dans les vergers qu’avec la vente du miel…

Beaucoup de mesures peuvent être prises par les municipalités et les citoyens pour améliorer la biodiversité : planter des arbres de plusieurs espèces indigènes; utiliser les terre-pleins et les stationnements pour aménager des zones naturalisées avec arbres, arbustes et plantes herbacées; revoir la notion de mauvaise herbe en valorisant leur utilité; laisser des espaces en friche dans les parcs urbains et aménager des sentiers qui les traversent; subventionner les toits verts; relier les parcs urbains avec une ceinture verte et bleue tout autour des villes.

Pendant que nous commençons à réfléchir à toutes ces solutions, en Norvège, sur l’île de Spitzberg, dans un lieu souterrain sécurisé, une expérience est mise en place depuis 2006 pour créer une réserve mondiale destinée à conserver les semences de toutes les cultures vivrières de la planète.

Imaginons que cette expérience s’étende à la préservation du code génétique de toutes les espèces vivantes végétales et animales, une sorte d’arche de Noé, en cas d’un cataclysme inévitable. La biodiversité serait préservée artificiellement. Mais imaginez le très long hiver qui s’en suivrait pour l’humanité avant de pouvoir réimplanter l’ensemble de la diversité biologique sur toute la planète? Devrons-nous attendre d’être rendus à cette extrémité avant d’agir?

Rappelons-nous qu’en hiver et en toutes saisons, la biodiversité se nourrit des espaces naturels qui sont protégés et des liens que l’on crée entre eux. Dans notre MRC, elle se nourrira des actions concrètes qui découleront de la récente politique sur la biodiversité et de l’appui des citoyens.

Pour en savoir plus sur cette politique ou transmettre vos suggestions d’actions concrètes, visiter le www.mrcmaskoutains.qc.ca/documents-reference/politiques/politique-biodiversite.

L’équipe de la Plume verte

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