19 juillet 2012
La boîte à sardines
Par: Martin Bourassa

Malgré les apparences, je ne suis pas le Jojo Savard des éditorialistes. Mais il m’arrive parfois de rêver à voix haute. De formuler des souhaits qui par un curieux hasard deviennent réalité. C’est arrivé encore ces derniers jours.

Malgré les apparences, je ne suis pas le Jojo Savard des éditorialistes. Mais il m’arrive parfois de rêver à voix haute. De formuler des souhaits qui par un curieux hasard deviennent réalité. C’est arrivé encore ces derniers jours.

Dans l’édition du 14 juin, j’ai signé un commentaire intitulé « Ma priorité : Fadette » dans lequel je demandais aux élus de la Ville de Saint-Hyacinthe de mettre un peu d’ordre dans leurs idées et dans leurs priorités. Je recommandais de prioriser plus que tout la construction d’un gymnase à l’école secondaire Fadette, avec la participation de la commission scolaire. Ce projet avait, disais-je, le mérite de faire d’une pierre deux coups : de répondre aux besoins éducatifs de l’école et de répondre au manque criant d’infrastructures sportives de qualité. Mon souhait a été entendu. Du moins en partie.Au cours des derniers jours, la Ville de Saint-Hyacinthe et la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSH) ont conjointement décidé de relancer le projet, mais dans une version revue et corrigée, lire dans une version dépouillée. On demande au ministère de l’Éducation d’autoriser un ajout d’espace qui se traduirait par l’ajout de deux classes et d’une palestre dédiée à la gymnastique. Et on ne dirait pas non à une subvention à la hauteur de 25 % du coût total estimé maintenant à 5 M$, la Ville et la CSSH se partageant le reste de la facture dans une proportion respective de 45 et de 30 %.On souhaite que la campagne électorale accélère le traitement du dossier qui a déjà fait l’objet de deux ou trois refus par le passé. On estime que le projet révisé saura attirer l’attention du Ministère et que la bénédiction viendra. C’est à espérer.Ce qui a toutes les allures d’une bonne nouvelle, je pense, à la priorisation du dossier au niveau municipal, en cache cependant une mauvaise. Pour accoucher de cet ultime projet, on l’a réduit à sa plus simple expression. On a encore abandonné en cours de route des sports comme la boxe, le judo et l’haltérophilie pour économiser 3 M$.Oui encore, car la Ville n’avait pas hésité en effet à exclure ces clubs sportifs dans son projet de centre aquatique. Au lieu de prioriser les jeunes athlètes, elle avait préféré y déménager les fonctionnaires de son service des Loisirs. Ça en dit long sur les priorités de la Ville. Toujours est-il que le judo et l’haltérophilie se retrouvent encore sur le carreau. Seul le club de gymnastique peut rêver d’un toit permanent. C’est quand même curieux, car la gymnastique est le seul sport du lot qui n’a pas à craindre pour son avenir immédiat. Bien que confrontée aux désagréments qui viennent avec sa présence au Pavillon des pionniers, la gymnastique n’a pas à craindre la démolition de l’édifice où elle loge. Dans le cas du judo et de l’haltérophilie, on ignore ce que l’avenir leur réserve avec la démolition prochaine et souhaitée du vétuste centre culturel.Il me semble que le sentiment d’urgence a été mal évalué. À moins qu’on ne nous dise pas tout et qu’il y ait un plan B en préparation. Je crois encore que la solution idéale serait de profiter de la construction d’un gymnase à l’école Fadette pour régler une fois pour toutes l’ensemble de nos besoins en matière de plateaux sportifs.Si le feu vert arrive, et je vois mal comment on pourrait nous dire non, on devrait mettre l’énergie et tout l’argent qu’il faudra pour construire un équipement sportif à la hauteur de nos besoins. Car nos besoins sont criants et connus.Au bénéfice des élus qui ne lisent pas la grosse Presse, voici un extrait d’une récente chronique de Pierre Foglia à propos de l’haltérophile Annie Moniqui : «… elle s’entraîne à Saint-Hyacinthe. C’est là où je voulais en venir, à son local d’entraînement au sous-sol du centre culturel. Vous devriez voir la boîte à sardines! Sont 92 à lever des barres dans une garde-robe. Pourtant, dans trois semaines, quand on va parler d’elle à la télé, quand on va dire Annie Moniqui de Saint-Hyacinthe, à Saint-Hyacinthe ils vont dire héhé, elle vient de chez nous. Vous ne devriez pas vous péter les bretelles, vous n’êtes même pas foutus de lui trouver un local où elle et sa gang pourraient s’entraîner sans s’éborgner ».

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