14 avril 2016
Emballages Cartex à Saint-Pie
La boîte survivra malgré une faillite
Par: Jean-Luc Lorry
En faillite, les actifs d’Emballages Cartex de Saint-Pie ont été acquis par Les Emballages Mitchel-Lincoln dont le siège social est à Montréal. Photo François Larivière | Le Courrier ©

En faillite, les actifs d’Emballages Cartex de Saint-Pie ont été acquis par Les Emballages Mitchel-Lincoln dont le siège social est à Montréal. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Les difficultés financières rencontrées ­depuis 2014 par Les Emballages Cartex de Saint-Pie auront eu raison du manufacturier d’emballages de carton. L’entreprise a été mise en faillite le 1

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Sauf que l’arrivée d’un nouveau propriétaire dans le décor un mois ­auparavant, en l’occurrence Les Emballages Mitchel-Lincoln, une société qui possède des installations à Montréal et Drummondville, permettra de ­poursuivre les opérations et de préserver une soixantaine d’emplois à Saint-Pie. Cela n’empêchera toutefois pas des dizaines de créanciers de Cartex d’y perdre au change.

L’entreprise spécialisée dans la ­fabrication de boîtes de carton, de ­présentoirs et d’emballages, ainsi que sa division Imacor de Laval, ont été vendues à Mitchel-Lincoln pour un montant de 2 285 000 $.

« Cette acquisition est une bonne ­nouvelle pour la région puisque Mitchel-Lincoln est un joueur majeur au Québec dans le domaine du carton. La nouvelle entité sera un complément pour l’une de ses divisions », a indiqué Nicolas Boily, expert en redressement d’entreprises et en restructuration à la firme Raymond Chabot.

Dans le rapport du syndic, dont LE COURRIER a obtenu copie, Emballages Mitchel-Lincoln s’est engagé à conserver les 59 employés d’Emballages Cartex tout en respectant l’ancienneté et les conditions de travail. « La transaction aura pour effet de maintenir des emplois et assurer le paiement des salaires et vacances ­impayés en continuité des affaires », peut-on lire en conclusion du rapport.

Ces dernières années, Emballages ­Cartex a connu son lot de difficultés.

L’entreprise a d’abord échoué dans sa tentative d’intégrer le marché boursier en 2013. Elle aurait aussi réalisé un mauvais investissement dans l’acquisition d’une pourvoirie et la conduite de ses ­opérations était inefficience, note le syndic. « Conséquemment, la débitrice [Emballages Cartex] a subi des pertes ­cumulées d’au moins 1,8 million $ depuis 2014 », peut-on lire dans son rapport.

L’entreprise était encore jusqu’à tout récemment la propriété d’Alain ­L’Heureux, celui-là même qui débordait d’enthousiasme à l’idée d’intégrer la Bourse de croissance TSX à l’été 2013. Cette étape, disait-il à ce moment, aurait été déterminante pour l’entreprise, en faisant grimper son chiffre d’affaires de 8 M$ à plus de 40 M$.

Selon l’analyse du syndic, « le fonds de roulement était déficitaire et se détériorait depuis 2014 », tant et si bien que ­Cartex accusait un endettement de plus de 5,2 M$ avant la mise en vente récente de certains actifs.

Créanciers

De nombreux créanciers écopent dans cette faillite.

Le montant des créanciers garantis s’élève maintenant à 1 589 000 $ et celui des créanciers non garantis à 898 621 $. Les principaux créanciers garantis sont la Banque de Développement du Canada (785 000 $), Investissement Québec (440 000 $) et la Banque Royale du Canada (195 000 $).

Le CLD perd sa mise

En tant que créancier garanti, l’ex-CLD Les Maskoutains, devenu Développement économique de la MRC des ­Maskoutains (DEM), devra mettre une croix sur la somme de 128 000 $, qui correspond au solde d’un prêt de 150 000 $.

Cartex avait sollicité une aide financière de l’organisme maskoutain par l’entremise du Fonds local d’investissement (FLI-FLS). En 2010, le comité d’investissement local du CLD avait accordé un premier prêt de 100 000 $, qui a été entièrement remboursé, avant de lui consentir un second prêt de 150 000 $ en 2014.

« Nous voulions par-dessus tout que les 59 emplois soient sauvés. Nous accusons une perte financière, mais la conclusion sera tout de même intéressante puisque l’entreprise survivra », a indiqué au COURRIER Charles Fillion, directeur ­associé de DEM.

Dans le dossier de faillite, on compte plus de 100 créanciers non garantis dont la firme comptable BDG CPA de Saint-Hyacinthe (5 720 $), Camille Fontaille & fils (3 099 $) et Imprimerie Maska (5 559 $).

Fondée en 1996, la société Les Emballages Cartex possède deux usines situées sur l’avenue Jacques-Cartier à Saint-Pie ainsi que la division Imacor à Laval.

Quant aux Emballages Mitchel-Lincoln, l’entreprise fondée en 1965 regroupe trois usines et compte plus de 850 employés. Son siège social se trouve à Montréal.

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