21 mars 2019
La bonne étoile d’Olivier Savoie Campeau
Par: Maxime Prévost Durand

En plus de Marie-Mai, le batteur a accompagné des artistes comme Kevin Bazinet, Olivier Dion et Andréanne A. Malette. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Olivier Savoie Campeau est monté sur la scène du Centre Bell pour la première fois de sa jeune carrière en février lors des trois représentations du spectacle de Marie-Mai. Photo Carole Volikakis

Le batteur Olivier Savoie Campeau n’avait même pas fini ses études en musique au Cégep de Drummondville lorsqu’il a été recruté pour participer à une première tournée avec Olivier Dion. De fil en aiguille, le Maskoutain a accompagné nombre d’artistes comme Kevin Bazinet, Valérie Carpentier, Robby Johnson et Andréanne A. Malette. Dans les dernières semaines, le musicien de 27 ans a entamé la plus importante tournée de sa jeune carrière : celle d’une certaine Marie-Mai.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les choses ont été lancées en grand avec trois représentations au Centre Bell, à Montréal, et une autre au Centre Vidéotron, à Québec. Une première expérience dans ces grands arénas pour Olivier.

« C’était un rêve, je ne le cacherai pas, lance-t-il, tout sourire, dans une rencontre avec LE COURRIER. Quand j’ai reçu l’appel de Marie-Mai [pour faire partie de sa tournée], ça a fait un plus un dans ma tête : c’est la plus grosse tournée au Québec, c’était sûr qu’il allait y avoir des Centre Bell. Et c’est là qu’on a commencé! »

À voir ses yeux encore pétillants, on comprend que l’expérience l’a fait vibrer au plus haut point. « Il y a toujours le petit stress d’avant-show qui est là, mais quand tu embarques sur la scène, ce n’est pas business as usual du tout. (rires) Ce n’est pas une salle de 1000 personnes, il y a 10 000 personnes qui sont en avant de toi! L’énergie te rentre dedans et l’adrénaline est incroyable. »

Et ce n’est que le début de cette longue tournée avec Marie-Mai, qui sillonnera les villes du Québec pendant près de deux ans, avec des dates déjà prévues jusqu’à la fin 2020. Celle-ci s’arrêtera d’ailleurs pour deux soirs à Saint-Hyacinthe prochainement, les 30 et 31 mars, à la salle Desjardins du Centre des arts Juliette-Lassonde.

« J’ai déjà joué dans cette salle avec Kevin Bazinet et j’ai souvent fait l’espace Rona [aujourd’hui le Cabaret André-H.-Gagnon], que ce soit avec Yvan Pedneault, Valérie Carpentier ou Olivier Dion, se souvient le Maskoutain. J’ai déjà fait les Beaux mardis de Casimir aussi avec Andréanne A. Malette. »

La rencontre avec Marie-Mai

La route de Marie-Mai et celle d’Olivier Savoie Campeau s’étaient croisées une première fois l’été dernier au Festival du Lac des Nations, à Sherbrooke, où le batteur accompagnait le chanteur Robby Johnson. Pour l’occasion, Marie-Mai venait y faire deux chansons.

« C’était la première fois que je le voyais, se remémore la chanteuse, au cours d’une entrevue téléphonique avec LE COURRIER. J’ai été époustouflée. C’est une machine! Il est tight, c’est un vrai pro et il est super souriant. On s’est parlé un peu après le show et il était vraiment gentil. Quand est venu le temps de savoir avec qui je voulais travailler pour ma prochaine tournée, c’était clair pour moi que je voulais l’avoir au drum. Olivier représente ce dont on a besoin pour faire un bon show : il est dynamique, charismatique et super talentueux. »

En un seul appel, la carrière d’Olivier allait prendre une tournure que lui-même n’aurait pas soupçonnée. « J’étais chez Kubik Boutique, la boutique de ma sœur au centre-ville de Saint-Hyacinthe, pour fêter le premier anniversaire de son ouverture quand le téléphone a sonné, raconte le Maskoutain. C’était David [Laflèche, conjoint de Marie-Mai] au bout de la ligne. Il m’a dit qu’il était assis avec Marie et qu’ils avaient besoin d’un drummer pour la tournée. À ce moment, le temps s’est arrêté. Je sautais partout dans le backstore de la boutique. »

Le batteur avait toutefois déjà quelques spectacles prévus en 2019 avec Andréanne A. Malette, sa complice au quotidien. « Mais il n’y en avait pas tant que ça. Je me suis dit qu’on trouverait une solution une fois rendu là. Je ne pouvais pas dire non à une tournée de 150 dates étalées sur deux ans, poursuit-il. Finalement, la vie fait bien les choses, je pense qu’on a juste six conflits d’horaire entre les deux, donc ça se gère très bien. »

Avec la sécurité d’emploi que cela lui procure pour les deux prochaines années, surtout dans un milieu instable comme celui de la musique, Olivier se montre très reconnaissant. « Je me considère tellement chanceux d’avoir ces beaux contrats et de n’avoir jamais manqué de travail. Je regarde l’année où j’ai gradué au cégep et, de notre show de finissants, je pense qu’on est seulement deux à faire ça à temps plein dans la vie. »

Bien qu’il soit conscient du privilège qu’il a de vivre de la musique, le batteur maskoutain ne s’empêche pas de voir encore plus grand. « Un rêve en amène un autre. D’être sur la plus grosse tournée au Québec, c’était un rêve, de faire le Centre Bell en était un autre, mais le rêve ultime serait de faire partie d’une tournée mondiale, dit-il en citant des artistes comme Bruno Mars, Justin Timberlake et Shawn Mendes parmi ceux qu’il rêverait d’accompagner. Je suis encore jeune. Je ne veux pas me faire de faux espoirs, mais je me permets de rêver. »

Son parcours

– À l’âge de 10 ans, il prend ses marqueurs fluo et prétend jouer du drum en écoutant un album de blink-182. Résultat : de l’encre partout dans sa chambre et une mère qui comprend qu’elle devra lui acheter des baguettes et l’inscrire à des cours de musique.

– Au secondaire, tant à l’école Casavant qu’à la Polyvalente Hyacinthe-Delorme où il a étudié, il forme ses premiers groupes et prend part à des activités comme Secondaire en spectacle en étant l’un des musiciens qui accompagnent les numéros des participants.

– Avec les années, il forme des groupes corporatifs, l’un plus rock et l’autre plus pop, pour jouer des reprises dans différents événements.

– Ne sachant trop quoi faire après le secondaire, il se concentre en premier lieu sur les deux cours qu’il lui manque pour obtenir son diplôme à l’école aux adultes. C’est alors que l’illumination survient : il s’inscrit en musique au Cégep de Drummondville.

– Pendant ses études, il commence à donner des cours à l’École de musique Victor, un emploi qu’il conservera pendant près de sept ans.

– Son premier gros spectacle s’est déroulé sur la scène extérieure du Centre des arts Juliette-Lassonde dans le cadre des festivités de la Saint-Jean-Baptiste en 2012.

– Avant même sa sortie du cégep, il signe son premier contrat de tournée avec Olivier Dion grâce au bouche à oreille.

– En plus d’être musicien, Olivier Savoie Campeau est photographe à ses heures. Dans le cadre de la tournée avec Marie-Mai, il a été mandaté pour être le photographe officiel des coulisses. On peut même le suivre sur les réseaux sociaux en cherchant Olitakesshots.

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