8 octobre 2020
De Cégeps en spectacle à l’École nationale de l’humour
La boucle bouclée de Mégan Brouillard
Par: Maxime Prévost Durand

Deux ans après avoir représenté le Cégep de Saint-Hyacinthe en finale de Cégeps en spectacle, Mégan Brouillard revient en sol maskoutain en tant que finissante de l’École nationale de l’humour le temps d’un spectacle au Centre des arts Juliette-Lassonde. Photo Hugo B. Lefort

La Drummondvilloise Mégan Brouillard viendra « boucler la boucle », vendredi, lorsqu’elle montera sur la scène du Centre des arts Juliette-Lassonde en compagnie des autres finissants de l’École nationale de l’humour. Pourquoi? Parce que deux ans plus tôt, c’est à Saint-Hyacinthe qu’elle a fait ses premières armes sur scène dans le cadre du concours Cégeps en spectacle.

Publicité
Activer le son

Du haut de ses 18 ans, elle s’était rendue jusqu’à la finale provinciale de Cégeps en spectacle grâce à son numéro d’humour, intitulé « Ainsi va la vie qui va, Ah! ». Elle y avait remporté le 2e prix, en plus de recevoir le prix « Coup de cœur du public ». C’est ce même numéro qu’elle a ensuite présenté aux auditions pour entrer à l’École nationale de l’humour. Et la voilà maintenant finissante.

« Quand j’étais à Saint-Hyacinthe, j’avais espoir de faire l’École nationale de l’humour et, là, je reviens en l’ayant fait », se réjouit-elle, le sourire dans la voix, dans un entretien téléphonique avec LE COURRIER.

« C’était ça le plan [dès le départ de devenir humoriste], soutient-elle. Je m’étais inscrite à Saint-Hyacinthe, en option théâtrale, pour pouvoir faire de la scène. Cégeps en spectacle était ma seule possibilité de faire mon numéro sur scène parce que je n’avais pas encore 18 ans [quand je me suis lancée dans le processus]. Je ne pouvais pas aller jouer dans un bar encore. »

Cette expérience et le succès qu’elle a connu dans ce concours ont confirmé qu’elle était sur le bon chemin. Sa sélection à l’École nationale de l’humour l’a validé.

« Dans le numéro que j’avais fait à Cégeps en spectacle, on pouvait deviner qui sont mes humoristes préférés, lance-t-elle en riant. En deux ans [à l’ÉNH], j’ai appris à être plus moi-même. »

La façon dont elle aborde l’humour est aussi forcément moins naïve. « J’ai une vision plus axée sur le travail et le retravail des blagues. C’est d’accepter de retravailler une blague pour que ce soit toujours meilleur. J’ai beaucoup appris », dit-elle à propos de son passage à l’ÉNH.

Finissante en temps de pandémie

Cette tournée des finissants de l’École nationale de l’humour devait d’abord avoir lieu au printemps à la grandeur du Québec. Mais, il y a eu la pandémie. Heureusement, tout n’est pas perdu puisqu’une version abrégée a pu se tenir dans les dernières semaines et se conclura par des passages à Saint-Hyacinthe, Sherbrooke et Magog, dont les salles de spectacles peuvent toujours opérer contrairement à celles en zone rouge.

« J’avais eu le temps de faire le deuil de cette tournée, avoue Mégan. Maintenant, je suis super reconnaissante et contente de pouvoir faire des shows. »

Évidemment, la pandémie déjoue un peu les plans qu’ont ces humoristes en devenir à leur sortie de l’école. Le but est habituellement de jouer le plus souvent possible dans les bars pour forger son identité comique et se faire les dents. « C’est encore ça le plan, mais ça va être plus long », affirme la Drummondvilloise.

Et sinon, il y a toujours le web, une avenue que Mégan a déjà commencé à explorer pendant le confinement. « [Dans les derniers mois,] je me suis concentrée sur le web pour faire rire les gens et avoir un contact avec du monde, que ce soit sur TikTok ou Instagram. […] Tu n’as pas besoin d’être super connu pour faire des blagues sur le web et ça aide à rester créatif. »

Pour le reste, il faut faire confiance à l’avenir. Pour reprendre le titre de son numéro de Cégeps en spectacle, « Ainsi va la vie qui va, Ah! ».

image