20 février 2013
La Cage aux folles : fantasme assouvi pour Benoît Brière
Par: Le Courrier

Quand Benoît Brière a vu le film franco-italien La Cage aux folles pour la première fois, il a tout de suite su que le rôle d’Albin, alias Zaza, lui irait comme un gant. Présentée au Théâtre du Vieux-Terrebonne à l’été 2011, la pièce de théâtre La Cage aux folles est de retour sur les rails et s’arrêtera, samedi, au Centre des arts Juliette-Lassonde, à 20 h.

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Comédie de Jean Poiret présentée pour la première fois en France en 1973, suivie d’une adaptation cinématographique en 1979 et d’une comédie musicale en 1983, La Cage aux folles est une pièce convoitée. Il aura d’ailleurs fallu cinq ans à Benoît Brière, également directeur artistique, pour mettre la main sur les droits d’auteurs en vue d’une adaptation québécoise.

« J’ai essayé d’avoir les droits pendant trois ans, mais le processus en aura finalement pris deux de plus, raconte Benoît Brière. Quand j’ai été sur le point d’avoir les droits, je ne savais pas que la pièce était montée à Paris. Quand j’ai compris qu’il y avait une première avec [Christian] Clavier et [Didier] Bourdon, je suis allé voir la pièce à Paris, j’ai ensuite appelé Mme feu Poirier et 72 h après j’avais les droits! »L’histoire met en scène Georges et son conjoint Albin, propriétaires d’une boîte de travestis, La Cage aux folles, où Albin oeuvre sous le nom de Zaza Napoli. Un jour, le fils de Georges, Laurent, annonce son mariage avec son amie dont les parents sont ultraconservateurs. Pour faire bonne figure devant la belle famille, le jeune homme leur demande de créer l’illusion de la famille convenable.Dans cette adaptation dont la mise en scène a été confiée à Normand Chouinard, on revient à la version théâtrale avec une touche supplémentaire qui tire le meilleur de la pièce et du film, selon Brière. Après avoir conçu un plateau spécialement pour la finale, telle qu’illustrée dans le film, il devenait absurde de ne pas profiter davantage du décor. Une intrusion dans la Cage devenait donc de mise. « On avait un show de 2 h 30 et un plateau qui servait uniquement pour la fin. Ce qui ne faisait aucun sens! On s’est donc dit pourquoi on n’irait pas voir Albin sur scène, dans la boîte? Pourquoi ne pas initier quelques numéros de production pour voir Albin et quelques personnages de La Cage aux folles? Ce que nous avons fait! Le spectacle se situe donc entre la comédie musicale et la pièce de théâtre », explique-t-il.Et ce n’est pas une petite production! Avec un budget de 1 M$ et une distribution de 12 acteurs, dont Alain Zouvi dans le rôle de Georges, ainsi que Normand d’Amour, Marie-France Lambert, Didier Lucien, Louise Bombardier et Frédérick Millaire Zouvi, il était clair dès le départ que cette pièce ne serait pas montée à moitié.« Un million c’est beaucoup, mais ce ne l’est pas en même temps. Il s’agit d’une pièce de théâtre imposante. Avec douze acteurs. Ça va vite! Oui, c’est une production importante, mais ce n’est pas exceptionnel », pondère-t-il.Néanmoins, cela fait longtemps que Benoît Brière rêve de monter cette pièce et après avoir campé le rôle d’Hosanna, de Michel Tremblay, la rencontre entre l’acteur et Zaza devenait inévitable. Comédie à caractère intemporel, La Cage aux folles reste, après les années, une pièce des plus amusantes à monter et voir sur scène. « Parce que c’est une belle histoire d’amour! Ce serait réducteur de croire que c’est juste un show de folles, car il y a énormément d’intelligence dans le texte de Poiret », conclut-il.

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